Focus sur : Arjen Robben

L’Orange mécanique

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Arjen Robben est un joueur qui nous divise. Soit on l’on adore, soit on le déteste. Ses admirateurs soulignent très justement sa rapidité, sa percution et son réalisme, tandis que les autres le définissent comme un joueur individualiste, ponctué d’un sale caractère qui ne s’est finalement jamais imposé dans le coeur des supporters de football. Quoi qu’il en soit, Robben a une gestuelle presque mécanique qui lui est propre. Même lorsqu’il sourit, il conserve son air méchant. Si le talent du hollandais est indéniable, je ne sais pas vous mais moi je reste quand même sur ma faim.

Biographie

597960-3x2-940x627[1]Robben commence sa carrière en 2000 au FC Groningue. Au bout de deux ans, il s’envole pour le prestigieux PSV Eindoven avec lequel il décroche le titre de champion et du même coup celui de meilleur jeune du pays.

En 2004, pour 18 millions d’euros, il franchit un second palier en signant chez les nouveaux riches de Chelsea.

A Londres, c’est la confimation de son talent.

Sous les ordres de José Mourinho qui aligne à ses côtés Drogba, Duff ou Cole, les Blues se hissent jusqu’au titre de Champions d’Angleterre. Après trois saisons, il signe au Real Madrid pour 36 millions d’euros (quatrième plus gros transfert du club à l’époque) mais il n’y reste que deux ans. Si les raisons de son départ sont diverses et variées beaucoup s’entendent pour dire que le retour du président Perez y est pour beaucoup. A la tête de la la Maison Blanche sous l’ère Galactique, il milite pour un retour de cette politique et incite donc au départ la communauté néerlandaise (Robben, Sjneider, Van Nistelrooy, Van Der Vaart, Drenthe…)

Lorsque Robben arrive au Bayern, on se dit qu’il a trouvé un club à son image. Aujourdhui et malgré deux premières saisons satisfaisantes ,voire brillantes, le batave n’est plus un titulaire indiscutable.
Outre la grosse saison bavaroise, faichement titrée en Bundesliga et encore en lice pour la Ligue des Champions, je pense que l’avenir de Robben pourrait s’inscrire loin de Munich. (Sauf si Guardiola tente de faire de lui le cadre qu’il n’a jamais été). Courtisé par le club turc de Galatasaray, Robben a l’occasion de signer un dernier gros contrat. Sans le considérer comme un mercenaire, il ne semble jamais s’être véritablement attaché à un club.

Tactique

soccer-graphics-arjen-robben-212616[1]Pas féru des gestes techniques, Robben se distingue essentiellement par ses crochets et son coup de rein. Si certains joueurs brillent par leur polyvalence, ce n’est pas son cas puisqu’il évolue exclusivement au poste d’aillier droit.

Pas spécialement centreur et il en a pourtant les qualités, son geste favori, tout en toucher, est de partir du côté droit, faire un premier crochet, enchaîner avec un second, puis frapper à ras-de-terre-petit-filet.

Même si c’est du vu et revu, le joueur n’en reste pas moins inarrétable tant ses frappes de balles sont sèches et bien placées. En revanche, ses manques de polyvalence et d’altruisme auront été un frein à son épanouissement footballistique. On aurait aimé le voir produire un jeu un peu plus varié consistant à s’appuyer davantage sur ses coéquipiers.

Qu’on se le dise, aligner un arrière droit offensif avec Robben sur le terrain me semble presque inutile. C’est d’ailleurs très regrétable puisqu’il décuplerait son influence sur le terrain en privilégiant un jeu de remise. Robben n’offre donc pas beaucoup de possibilités à son entraîneur et pourtant, il n’en reste pas moins une arme redoutable. Pour un coach, il faudra donc peser le pour et le contre afin de savoir si il sera titulaire. En penchant vers le pour, le casse-tête ne fait que commencer puisqu’il faut maintenant savoir avec qui l’entourer. Un attaquant qui prend la profondeur ? Une tour de contrôle? Un neuf et demi ? En tout cas, ma logique voudrait que son alter-ego à gauche, soit un centreur.

Au Bayern, même s’il n’y a pas de véritables « titulaires », vue la qualité de l’effectif, on se rend compte cette année qu’il se retrouve plus fréquemment sur le banc. Les bonnes prestations et l’altruisme de Thomas Müller finissent par avoir raison de lui. En Bavière, on le sait, c’est le collectif qui prime. Demander à Mario Gomez, meilleur buteur du club lors des deux dernières saisons avec 28 et 26 buts, remplaçant cette année, ce qu’il en pense.

Enfin, je souhaite attirer votre attention sur un point. Robben est un aillier mais surtout pas un milieu de terrain. La différence entre les deux postes est radicale puisqu’elle se fait au niveau du placement, des déplacements et des replacements.

Regrets

_60357860_arjen_robben_afp[1]Pourquoi ai-je la nette impression que Robben pouvait faire plus? Finalement, le néérlandais aura gardé les mêmes qualités et les mêmes défauts toute sa carrière. Jamais il n’aura réussi à se fondre dans un collectif. Il aura même eu tendance à agacer ses partenaires qui parfois ne fêtent même pas ses buts.

Si nous français, avons des regrets avec notre génération Benzema, Ben Arfa, qu’en est-il des bataves?

Une génération dorée marquée par les Van Persie, Sneijder, Van der Vaart, Afellay, Huntelaar, Van der Meyde, qui n’est jamais parvenu à s’unir pour amener leur pays sur le toit du monde. Au final, Robben est un joueur que j’ai apprécié, dont on se souviendra quelques années mais qui n’aura malgré son immense talent, sans doute jamais marqué l’histoire du ballon rond. Freiné par des blessures récurentes, il restera un trés bon joueur mais sans doute pas un grand joueur. Saluons quand meme sa carrière plus qu’ honorable.

Palmarès

2003 : Championnat des Pays-Bas
2004 : Supercoupe des Pays-Bas
2005, 2006 : Champion d’Angleterre
2005, 2007 : Ligue Cup
2005 : Community Shield
2007 : FA Cup
2008 : Championnat d’Espagne
2008: Supercoupe d’Espagne
2010 : Coupe d’Allemagne
2010, 2013 : Championnat d’Allemagne

Tu as apprécié ? 😀 Retrouve mon article sur Andrea Pirlo : https://flavbories.wordpress.com/2013/03/23/focus-andrea-pirlo/