Coupe des Confédérations / Finale : Brésil 3 Vs 0 Espagne

Le Brésil prend l’Espagne !

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Montage :

Neymar et Sara Carbonero, la compagne d’Iker Casillas

Le Maracana est un stade mythique. Je ressens des vibrations dans tout mon corps et mon coeur bat la chamade. Ce n’est pas tant l’enjeu, après tout ce n’est « qu’une » finale de Coupe des Confédérations. Je suis atteint par l’émotion que véhicule le football, ce stade, son aura, ses images colorées et ses musiques.

Ce soir, c’est une opposition de style. Champion du monde et d’Europe en titre, L’Espagne est arrivée dans cette compétition avec la ferme intention de la remporter. Les hommes de Del Bosque ne sont pas rassasiés, ils ont encore faim de titre. La demi-finale contre l’Italie s’est dénouée aux tirs au but. Les espagnols ont-t-ils suffisament récupéré ? Doit-on s’inquiéter de ce 0-0 face à une Squadra Azzura amputée de plusieurs absences ? Peut-t-on y voir les prémices d’une défaite ?

Depuis la victoire face à l’Equipe de France, la Seleçao monte en puissance mais l’objectif reste de taille : retrouver son football et son statut pour remporter la prochaine Coupe du Monde à la maison. Quoi de mieux qu’une opposition face à ce que l’on considère comme la meilleure équipe du monde ? On s’attend à un match de haute volée. Les joueurs bien que fatigués par une grosse saison, ont à coeur de bien finir.

Composition des équipes

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Brésil : Julio César – Dani Alves, Thiago Silva, David Luiz, Marcelo – Paulinho, Luiz Gustavo, Oscar – Hulk, Fred, Neymar

Coach : Luiz Felipe Scolari

C’est un 4/3/3 style défensif que nous a concocté Luiz Felipe Scolari. En défense, du classique avec Alves et Marcelo sur les côtés. La charnière centrale est composée de Silva et de Luiz. La particularité de ce système se trouve au milieu avec la présence de deux récupérateurs, même si, Paulinho, a plus un profil de relayeur. A la création, on retrouve le jeune Oscar de Chelsea. En Attaque, le trio est composé de Neymar, Hulk et Fred. C’est une attaque complémentaire puisque Fred officie dans le rôle de numéro neuf. C’est un renard des surfaces qui brille par son intelligence, son placement et sa finition. Sous-estimé, il possède des statistiques intéressantes (109 buts en 165 matchs avec Fluminense) et sort d’une très bonne saison. Avec Neymar et Hulk, le Brésil peut se projeter vite vers l’avant et miser sur des contre-attaques tranchantes.

Espagne : Casillas – Arbeloa, Ramos, Piqué, Alba – Busquets, Xavi, Iniesta – Pedro, Mata, Torres

Coach : Vincente del Bosque

Quand on regarde cette équipe on se dit qu’il est difficile de faire mieux. Imaginez-vous que Mata, Torres et Silva ne sont que des remplaçants que Xavi Alonso, Fabregas et Llorente sont absents. Iker Casillas est dans la cage. Devant lui, la charnière est composée de Ramos et Pique. Sur les aîles, du classique : Arbeloa est à droite dans un profil défensif, tandis qu’Alba, perfore l’équipe adverse par ses montées. Au milieu, on retrouve le trio barcelonais : Busquets, Xavi et Iniesta. Enfin, l’attaque est new look, puisque l’on retrouve Torres en pointe, assisté de Pedro et de Juan Mata.

Le Match

les-supporters-bresiliens-durant-l-hymne-de-la-selecao-10943573iauun_2038[1]Premier moment émouvant avec l’hymne brésilien terminée a cappella par tout un stade, de quoi donner la chair de poule. L’arbitre donne le coup d’envoi. Le bon pressing brésilien gène les Espagnols dans la relance. 1ère min – Bon centre d’Hulk, décalé sur le coté droit, cafouillage dans la surface espagnole et Fred en renard pousse le ballon au fond des filets. 1/0 ! Le ton est donné !

Comment la Roja va-t-elle réagir, elle, qui n’a pas l’habitude d’être prise à la gorge ? Nul doute que si les brésiliens jouent le contre, leurs deux ailliers feront beaucoup de mal à la défense adverse. 7ème min – Centre dangereux de Mata, Marcelo touche le ballon de la main mais l’arbitre loin de l’action ne bronche pas. L’Espagne est fébrile, ses relances sont approximatives et la bataille du milieu est remportée par le Brésil.

8ème min – On est proche du break. Action limpide initiée par Neymar ! Le néo-barcelonais transmet à Fred. Il talonne intelligemment à l’entrée de la surface pour Oscar dont la frappe rase le poteau. Si l’Espagne a peu de points faibles, on souligne souvent les limites d’Arbeloa. Face à Neymar et aux montées de Marcelo, le latéral droit a fort à faire surtout quand on sait que Mata devant lui, n’excelle pas dans les tâches défensives.

img-iniesta-espagne-face-a-luiz-gustavo-bresil-1372677349_620_400_crop_articles-170908[1]Dix minutes de jeu et on entend déja des « Olé » descendre des travées! Les Espagnols sont sevrés de ballon, ça fait bien longtemps que je ne les ai pas vu si à la peine.

Il faut bien sûr souligner la qualité technique et la discipline tactique des Brésiliens. Le duo de récupérateurs Paulinho-Luiz Gustavo est impressionant !

12ème min – Paulinho arrache un ballon dans les pieds de Busquets, tente un lob de 20 mètres, Casillas intervient de justesse. Surprenant, le jeu espagnol ne repose pas sur la Toque (jeu de passes rapides). Ce soir, on voit des actions directes et peu construites avec des joueurs qui n’hésitent pas à faire 4, 5 voire 6 touches de balles avant de passer le ballon.

14ème min – La tention monte sur la pelouse ! Bien lancé en profondeur par Marcelo, Neymar s’écroule à proximiter du rond central alors qu’il filait défier Casillas. Arbeloa écope d’un jaune. On oublie trop souvent l’impact d’un avertissement sur la manière de défendre d’un joueur qui, une fois sanctionné joue avec le frein à main. Le match baisse en intensité. Les Brésiliens sont en place et l’Espagne trépasse. On ne trouve pas de solution et Del Bosque debout semble impuissant.

19ème min – Sursaut d’orgueil espagnol ! Iniesta prend sa chance des 20 mètres. Sa frappe pied droit est détournée par Julio Cesar qui après une saison chaotique aux Queens Park Rangers, revit. Sur le corner qui suit, Torres reprend le ballon de la tête, c’est au dessus.

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Le jeu se hâche et les espagnols nerveux, constestent les décisions arbitrales. Cela ne vous étonnera pas mais on peut souligner une nouvelle fois la bonne performance de Thiago Silva. Accompagné de David Luiz, le duo fait preuve d’une belle complémentarité.

Imaginez-vous que Dante, pourtant vainqueur de la Ligue des Champions et de la Bundesliga, n’est que remplaçant. Quelles Solutions pour l’Espagne ? La Roja, doit se calmer et réfléchir.

Elle doit se rapeller qu’elle est championne du monde, d’Europe et qu’elle possède de grands joueurs. Pourtant ce soir, les coéquipiers de Ramos, sont en infériorité numérique. Ils jouent contre une équipe de 12 ! Si durant cette coupe, le public brésilien a été qualifié de spectateurs, on peut parler ce soir de vrais supporteurs.

Vous l’avez compris, l’attaque espagnole est stérile. Si on peut louer les bonnes intentions d‘Iniesta, le rendemment de Xavi est insuffisant. Le meneur de jeu manque de lucidité mais que dire de sa défense ?  La charnière Piqué-Ramos est dépassée, on y pénètre comme dans du beurre. 27ème min – Contre Brésilien mené par Hulk ! L’aillier élimine 4 joueurs en bénéficiant d’un contre favorable. Il sert Oscar, obstruction de Ramos à l’entrée de la surface. Carton jaune et excellent coup franc pour la Seleçao mais la puissante frappe d’Hulk passe au dessus. 31ème min – Encore un contre brésilien. Neymar excentré sur la droite, sert Fred entre deux défenseurs. L’ancien Lyonnais tire mais Casillas détourne du pied. Si le Brésil gère, ça commence à faire beaucoup d’occasions loupées !

L’Espagne commence à mettre le pied sur le ballon mais on ne trouve pas le bon décalage, ni la bonne passe capable de créer la zizanie dans une défense sereine. La configuration du match se dessine. La Roja domine et la Seleçao contre. Malgré les occasions vandangées, on est plus proche du 2/0 que du 1/1. Je me répète mais le milieu de terrain Auriverde est extraordinaire. Si l’intensité physique n’est pas incluse dans les gènes brésiliens, force est de constater que l’on a un parfait mélange entre fougue et discipline tactique.

victoire-du-bresil-face-a-l-espagne-en-finale-de-la-coupe-des-confederations-10943035hfxdf[1]40ème min – Première occasion espagnole et premier tournant du match ! Mata, lance Pedro en profondeur.

Le Barcelonais se présente face au gardien, enroule parfaitement sa frappe mais David Luiz, héroique, sauve sur sa ligne d’un tacle glissé. Magnifique !

Cet avertissement semble avoir réveillé les Brésiliens qui se ruent à l’offensive de façon plus tranchante. La meilleure défense n’est-t-elle pas l’attaque ?!

43ème min – Deuxième but brésilien par l’inévitable Neymar. Sur ce but, je suis choqué par la passivité espagnole. D’abord en position de hors jeu, Neymar, prend tout son temps pour se replacer, attendre la passe d’Oscar, qui encore une fois, fait preuve d’une vista remarquable. Seul face à Casillas, le néo-barcelonais n’a plus qu’a fusiller le gardien madrilène. C’est dûr pour la Roja mais c’est mérité pour les Auriverde.

C’est la mi-temps et le Brésil semble difficilement prenable. Si l’Espagne est d’un niveau équivalent voire supérieur à cette équipe brésilienne, cette Roja là ne peut pas gagner. On a critiqué Del Bosque pour sa tendance à faire évoluer son équipe sans vrai numéro 9 et ce soir, Fernando Torres est inexistant. Pourtant, son jeu de tête et de remise sont des atouts non négligeables.

le-cauchemar-des-espagnols[1]Cette Espagne est fatiguée à l’image d’un Xavi qui n’est que l’ombre de lui-même. Avec la méforme de Soldado, il reste la solution David Villa. Il serait aussi avisé de remplacer Arbeloa qui averti, vit un véritable calvaire.

Côté brésilien, il faut poursuivre dans cette voie. A 2-0, le premier quart d’heure de cette seconde période sera déterminant.

Les Espagnols vont devoir tout tenter. Les Brésiliens doivent garder cette solidité défensive. Devant, on peut compter sur Neymar et Fred pour se procurer des occasions.

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2ème mi-temps 

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Premier changement pour l’Espagne. César Azpilicueta, ancien joueur de l’Olympique de Marseille, remplace Alvaro Arbeloa. Le coup d’envoi est donné par la Roja mais le ballon est tout de suite perdu. Pour espérer revenir, les espagnols vont devoir mettre du rythme et se créer plus d’occasions.

Fred-BresilCa n’en prend vraiment pas le chemin puisqu’a la 47ème minute, le Brésil inscrit son 3ème but ! Marcelo est à l’initiative. Il perce plein axe, sert Oscar qui remet à Paulinho. Le Spurs sert en profondeur Neymar qui laisse volontairement filer le ballon jusqu’à Fred.

Excentré sur la gauche, il n’a plus qu’a enrouler son ballon à ras-de-terre. 3-0 ! Les carottes sont cuites !

Comment peut-t-on imaginer les champions du monde se faire humilier de la sorte ? Bien sûr, on a en a vu des remontées dans l’histoire du football mais là, il n’y a pas les moindres prémices. Les brésiliens sont faciles, s’amusent et les supporters exultent ! Si beaucoup d’équipes tentent de contrer l’Espagne avec une défense basse, c’est-à-dire proche de son gardien, le Brésil opte pour un pressing constant.

51ème min – Deuxième changement pour la Roja : sortie de Juan Mata peu en verve et rentrée du nouveau joueur de Manchester City, Jesùs Navas. On compte sur lui pour apporter un peu de folie à cette attaque timorée. 52ème min – Belle transversale de Xavi vers Navas, l’ailier crochète Marcelo, s’effondre, penalty ! Un mince espoir rejaillit dans le camp espagnol avec cette possibilité de réduire l’écart. A ma grande surprise, Sergio Ramos, s’avance vers le ballon, tire, ça passe à côté ! Le Madrilène s’en mord les doigts et Julio César harangue la foule. Il reste 35 minutes de jeu.

info_137269167257ème min – Mouvement intéressant entre Pedro et Iniesta. Le numéro 6 frappe, c’est dévié par le gardien ! Les Espagnols essaient de mettre de la vitesse mais leurs actions manquent de cohésion.

58ème min – Dernier changement pour l’Espagne. Sortie de Fernando Torres et rentrée de David Villa. La Roja occupe la partie de terrain brésilienne et fait rarissime, s’en remet à des actions individuelles.

Ce n’est définitivement pas l’équipe que l’on a l’habitude de voir ! En défense, les Auriverde ne se posent plus de questions et dégagent systématiquement. Le match baisse en intensité et la Seleçao voit le titre se raprocher.

L’Espagne est inoffensive et les montés de Gerard Piqué n’y changent rien. C’est un long chemin de croix rythmé par les « olé » de la foule. Malgré une bonne copie et ce score convaincant, je pense que le Brésil n’est pas encore arrivé à maturité ni au maximum de ses possibilités. Si les mouvements sont limpides et la défense solide, j’ai le sentiment de ne pas voir certains joueurs à leur maximum, principalement dans le secteur offensif. Certes, je suis exigent, mais les Brésiliens sont de si bons tricoteurs de ballon ! Pourtant, si elle ne s’exprime pas par des gestes, la technique est ce soir au service du collectif et ce n’est pas plus mal.

5036236[1]A la 67ème minute, Thiago Silva dégage le ballon de sa surface. Ce dégagement se transforme en une superbe passe pour Fred dans le rond central. Plein d’intelligence, l’attaquant amorti de la poitrine et prolonge dans la course de Neymar. C’est magifique ! Neymar, crochéte Piqué qui tacle de façon déserpérée. Carton rouge, logique !

David Luiz s’élance, ça passe juste au dessus de la transversale. Il n’y a plus de remplacements côté espagnol on doit donc se réorganiser. En phase défensive, Sergio Busquets recule à la hauteur de Ramos et en Phase offensive, Azpi ou Alba reste derrière. La Roja n’a plus rien à perdre, pas même son honneur… 71ème min – Louche d’Iniesta pour Villa, le Barcelonais repique dans l’axe et sert Ramos dont la frappe rase le poteau.

72ème min – Premier changement pour le Brésil : Hulk auteur d’une prestation solide, laisse sa place à Jedson. Malgré la supériorité numérique brésilienne, la configuration du match ne change pas. Surprenant, la Roja semble plus tranchante dans ses offensives, mais s’expose davantage aux contres adverses. Les Auriverde, sont parfois trop faciles, ce qui a le don d’énerver Luis Felipe Scolari.

74ème min – Luiz Gustavo récupère le cuir dans les pieds de Villa. Le Munichois est relayé par Jeson qui sert Neymar. Le feu follet, élimine deux joueurs dans le rond central mais pousse trop son ballon, Casillas s’en saisit. Il reste dix minutes ! Encore un beau mouvement brésilien ! Oscar sert Neymar qui remet à Fred. L’avant-centre joue en pivot pour Neymar, mais la défense espagnole tient le coup.

Enfin un bon mouvement pour la Roja. Une action en triangle conclue par une frappe de Pedro ! Il faut une belle parade de César pour dévier en corner. Si ce n’est pas le cas pour nos Bleus, force est de constater que l’ équipe nationale a la capacité de transcender certains joueurs.

178601985ème minute, le ballon est dans les pieds espagnols. Jesùs Navas perfore le milieu de terrain brésilien et passe deux joueurs ! Il sert habillement Villa qui enroule, César détourne une nouvelle fois !

Changement pour le Brésil, Paulinho, auteur d’un très bon match est remplacé par le talentueux Hernanes. L’arbitre siffle, le stade exulte !

Quel bilan peut-t-on tirer de ce match en vue de la Coupe du monde ? Le Brésil a retrouvé confiance en son football. L’Espagne, piquée à vif au bon moment, peut se servir de ce revers comme l’occasion de se remettre en question. Si cette victoire va marquer les esprits, relativisons, nous sommes en fin de saison.