Focus sur : Pelé

Le Roi Pelé

pele photo principale

« J’ai dit que tout le monde avait droit à 15 minutes de gloire. Pour Pelé ce sera 15 siècles. » Andy Warhol.

1283 buts en 1367 matchs, 3 coupes du monde, joueur et athlète du siècle, ministre des sports… S’il avait pu, il se serait prénommé : Edson Arantes do Nacsimento Futebol, en hommage au sport qui l’a fait roi. Pelé a fait naitre dans le cœur de beaucoup de supporteurs une passion pour le football. En réconciliant son peuple, meurtri par la défaite de 1950 face à l’Uruguay, il endossa le costume d’ ambassadeur brésilien dans le monde, faisant parfois le jeu de la dictature au pouvoir.

Icône vénérée, beaucoup font son apologie parfois même sans l’avoir vu jouer. D’autres lui reprochent de n’avoir cherché qu’à enquiller les buts dans un championnat de seconde zone, le présentant comme un mégalomane avide de gloire.

Quoi qu’il en soit, sa légende perdure et ses statistiques parlent d’elles-mêmes. Le jeune homme de 73 ans, résiste au temps et aux exploits de ses successeurs. A ce jour et malgré les glorieuses carrières des Ronaldo, Romario ou autres Bebeto, Pelé caracole en tête du classement des buteurs brésiliens avec 77 buts. En 2014, il demeure le seul joueur de l’histoire à avoir remporté 3 Coupes du monde.

Cette analyse s’appuie sur une vision intégrale de matchs, de documentaires, ponctuée par une étude de son autobiographie : Pelé, Ma Vie, Les mémoires du roi Pelé, Flammarion, 2006, 336 pages.
Si Pelé nous transmet sa passion et sa vision du jeu par de fines analyses, on regrette que les 35 dernières pages ne soit consacrées qu’à un listing de tous ses buts, comme si le Roi avait encore quelque chose à prouver. Après lecture, on se demande si finalement, le plus important dans le football n’est pas de marquer des buts. Une évidence ? Pas si sûr.

Biographie

°Edson, fils de Dondinho


Maracanã 19 novembre 1969. Un match oppose Santos au Vasco de Gama. Le public en délire s’extasie alors que l’arbitre indique le point de pénalty. Le Roi se saisit du ballon. La pression est insoutenable même pour un homme qui a remporté deux finales de coupe du monde. Il s’avance, marque un temps d’arrêt, frappe ! Goal ! Pelé vient d’inscrire le millième but de sa carrière. Le match est interrompu pendant plus de 20 minutes pour un incroyable tour d’honneur. Ce passage résume Pelé.

PELE 10Edson Arantes do Nascimento est né le 23 octobre 1940 à Tres Coracoes, au nord de Rio. Il n’y restera que 4 années puisque ses parents de condition modeste, immigrent à Bauru, petite ville située dans l’Etat de Sao Paulo.


Dondinho son père, joue dans un club amateur, ce qui l’oblige à travailler comme journalier pour compléter les fins de mois. Quant à sa mère Dona Celeste, elle travaille comme femme au foyer. De son côté, le petit Edson baptisé ainsi en l’honneur de l’inventeur Thomas Edison, passe comme beaucoup de Brésiliens, le plus clair de son temps dans la rue pour jouer et parfois travailler. Le gamin parcourt les gares, les rues et les stades pour cirer des chaussures.

Le futur Pelé entre en primaire à l’âge 8 ans mais n’y brille pas. Il doit vite abandonner son rêve de devenir pilote d’avion. Puis, il est peu à peu contaminé par le virus du football. La rue lui permet de faire ses gammes et l’arrivée au Brésil du fùtsal d’acquérir technique et vivacité d’esprit. En somme : l’art de réfléchir tout en jouant.

L’appétit vient en mangeant. Le petit Edson et ses amis du quartier ont pour projet la création d’un club : Le Sete de Setembro futebol clube. Pour financer l’achat du ballon, ils vendent des collections de stickers Panini très prisés. Parfois, pour plus de rentabilité, ils pratiquent le vol de cacahuètes afin de les revendre les jours de matchs.

Passionné et réputé pour son jeu de tête, son père l’entraine. Lors d’un petit tournoi de quartier organisé par le maire de Bauru, Pelé se distingue en remportant le titre de meilleur buteur. Le Bauru Athletic Club décide de créer une section de jeunes entraînés par Waldemar de Brito dit « le danseur », un ancien international Brésilien. Sous ses ordres, Edson remporte le championnat du Brésil Junior.

pelé 16 balaisBrito conscient de son talent conseille à Dondinho d’envoyer son fils passer des tests à Santos. Un examen qui se révèle concluant puisqu’il intègre le groupe pro à 15 ans.

A cette époque, Edson est milieu de terrain offensif. Son premier match avec les « pros » intervient un mois après son arrivé. Lors d’une rencontre face où Santos s’impose 6/1 face à Cubatao, il inscrit 4 buts. Edson devient Pelé.

Une blessure du titulaire Valsoncelos lui permet de briguer un poste de titulaire. Pelé éclate au grand jour et se voit remplacé au poste d’avant-centre. Il enchaine les bonnes performances et se retrouve propulsé à 16 ans et 8 mois en équipe nationale.

le 7 juillet 1957, le Brésil est mené 1/0 en Copa Roca face à son ennemi argentin. Entré à la mi-temps Pelé égalise. S‘il ne peut empêcher la défaite des siens 2/1, ses débuts sont prometteurs. Pour le match retour, il se retrouve dans les 11 titulaires et ouvre le score dès la 18ème minute. Le Brésil remporte le trophée. C’est le début de l’ascension fulgurante.
En club, Pelé termine meilleur buteur du championnat de São Paulo dit « Paulista » avec 17 buts. La superficie du Brésil rendant impossible à l’époque, l’organisation d’un championnat national. Pelé renverse des montagnes et ce n’est qu’une demi-surprise de le retrouver convoqué pour la phase finale de la Coupe du monde 1958 en Suède. A 17 ans, il est le plus jeune participant.

°Pelé, Roi Sacré

Dans un groupe composé de l’Autriche, de l’Angleterre et de l’URSS, la tâche semble ardue pour un Brésil qui affiche un bilan d’une victoire et d’un nul après deux matchs. Jusqu’à présent, Pelé et son ami Garrincha assistent aux matchs du banc de touche. Ils se retrouvent titulaires pour la rencontre décisive face à l’URSS. Anecdote précieuse : associés, les deux n’ont jamais perdu.
Pas complètement remis d’une blessure contractée avant la compétition, Pelé, auteur d’une prestation moyenne, contribue tout de même à la victoire de son équipe 2/0 : doublé de Vava 3′ et 77′.

pelé se dépasseAu deuxième tour, le Brésil affronte le Pays de Galles, vainqueur des redoutables Hongrois. Les Auriverde s’imposent 1/0 grâce à une frappe en pivot de Pelé à la 66′.


En demi-finale, la Seleçao qui évolue dans son célèbre 4/2/4, est confrontée à une séduisante équipe de France emmenée par Raymond Kopa et Just Fontaine, le meilleur buteur de la compétition. Malgré l’égalisation de ce dernier et un but de Piantoni, les Bleus ne peuvent contrer Pelé auteur d’un triplé 52′, 64′ et 75′.

En Finale, le Brésil retrouve la Suède. Dans une belle ambiance, les Scandinaves décomplexés ouvrent le score dès la 4′ par Liedholm. Vava égalise pour le Brésil à la 9′ puis double la mise à la 32′. Quant à Pelé, d’abord discret, il inscrit un de ses plus beaux buts à la 55′. D’un sombréro, il élimine Gustavsson avant de reprendre le ballon de volée. Le Roi clôt cette rencontre en inscrivant le 5ème et dernier but de son équipe d’une tête à la 90′. Le Brésil s’impose 5/2 et remporte sa première coupe du monde.

Le monde parle désormais du Roi Pelé. Une consécration internationale et nationale puisqu’il inscrit en championnat la bagatelle de 58 buts en 33 matchs !
Le retour à la réalité s’avère moins glamour puisque Pelé doit passer son service militaire. Il essaie en vain de s’y soustraire. Heureusement dans l’armée, on joue au football. Infatigable, Pelé remporte le championnat militaire d’Amérique du Sud. Le Roi, lancé dans une véritable campagne, enchaine les matchs avec sa caserne, l’armée et son club de Santos.

PELE CHAMPION 58Bien sûr Pelé est courtisé par les plus grands clubs Européens comme l’Inter, le Real Madrid ou la Juve qui après un tournoi à Turin en 1961 remporté par Santos, tente de le recruter. Si Pelé n’en a jamais témoigné l’envie, la dictature au pouvoir l’a décrété trésor national. Une déclaration qui le rend de fait intransférable.

Pour la Coupe du monde 1962 au Chili, Pelé et le Brésil se retrouvent dans le groupe 3 composé du Mexique, de la Tchécoslovaquie et de l’Espagne. Plus prudente la Seleçao opte pour un 4/3/3. Cette modification n’empêche pas Pelé de briller. Il adresse lors du premier match, un centre millimétré pour la tête de Zagallo avant de réaliser lui-même un break d’un tir puissant.

Pour le deuxième match, le numéro 10 brésilien est victime d’une déchirure musculaire à l’aine. Est-il remplacé ? Non, le règlement de l’époque ne le permettait pas. Durant ce match, le Roi loue dans son ouvrage, le fair-play des Tchécoslovaques qui le voyant blessé, se seraient contenter de le contenir sans tacler. Le match se conclut par un 0/0…
Toutefois, sa blessure le rend indisponible pour toute la fin d’une compétition, remportée tout de même par le Brésil 3-1, lors d’une nouvelle opposition face à la Tchécoslovaquie.

Après cette Coupe du monde, Pelé repart de plus belle puisqu’il dispute avec Santos la Copa Libertadores, équivalent de notre Ligue des champions. Lors de la finale, les Brésiliens affrontent le prestigieux Peñarol, double tenant du titre. A la clé, une victoire 3/0 de Santos et un doublé du roi.

pelé euzebioVainqueur de la coupe continentale, Santos se retrouve convié pour disputer la coupe Intercontinentale, opposant à l’époque, les vainqueurs européens et sud-américains. Une finale qui se déroule dans une formule aller-retour.

Opposé au grand Benfica, les Brésiliens remportent le l’aller 3/2 au Maracanã grâce à un doublé de Pelé. Au retour, dans une ambiance survolté Santos écrase le Benfica 5/2 à l’Estàdio da Luz. What Else ?

Et bien l’année suivante, Santos et Pelé remettent ça. Après une victoire 2/1 face à Boca Junior dans la célèbre Bombonera, ils retrouvent le Milan AC en finale. Au match aller et malgré un doublé du Roi, Santos s’incline 4/2. Au retour, le score est inversé avec une victoire 4/2 des Brésiliens. Finalement, la belle est remportée 1/0 par Santos.

°Consécration

Tout bonheur s’achève. Le fiasco de la Coupe du monde 66 en Angleterre va apparaitre pour Pelé et le Brésil comme une grosse piqure de rappel. Pourtant double tenant du titre, la Seleçao multiplie les excès de confiance se traduisant par une mauvaise préparation et un manque d’esprit d’équipe…

Le premier match se solde par une victoire 2/0 contre la Bulgarie grâce à des buts de Pelé et Garrincha. Lors de la deuxième rencontre, Pelé brille par son absence, blessé par des tacles appuyés. le Brésil est battu par la Hongrie 3/1. Une dernière défaite sur le même score contre le Portugal d’Eusebio, auteur d’un doublé, achève les espoirs auriverde. Le retour de Pelé n’y changera rien. L’Angleterre remporte la finale 4/2 face à la RFA.

La naissance de sa fille et une tournée en Afrique le consolent. 1968 sera l’année de tous les trophées avec une victoire dans la Recopa Superamericana. Néanmoins, le numéro 10 pense déjà à sa fin de carrière.

BRESIL 70 CM FINALEPour la Coupe du monde 70, il est bien décidé à disputer tous les matchs. Sans vous vendre la mèche, Pelé considère la sélection brésilienne de 70 comme la meilleure de tous les temps.

Composé de joueurs comme Gerson et Carlos Alberto, cette équipe se révèle un savoureux mélange entre talent, folie et expérience. Du niveau, il en faut puisque le groupe est particulièrement relevé : Tchécoslovaquie, Angleterre (championne du monde) et la Roumanie.

Le premier match contre les Tchécoslovaques est tendu. Pétras ouvre le score mais Rivelino égalise pour le Brésil. Pelé tente un lob de plus de 50 mètres, ça passe juste à côté. Un échauffement pour le Roi qui d’une volée marque le but du 2/1. Jairzinho en inscrit deux autres ensuite.

La rencontre suivante apparait comme un choc au sommet entre la Seleçao et l’équipe d’Angleterre  composée des Moore, Charlton et autres Banks. Un match intense où Gordon Banks enchaine les bonnes prestations. Il sauve une tête imparable Pelé servi dans un fauteuil par Jairzinho. Ce même Jairzinho en grande forme, finit par ouvrir le score. 1/0. Ce sera le score final.

Le dernier match contre la Roumanie est remporté 3/2 sur le fil. A signaler, le doublé de Pelé. En quart les Brésiliens se défont du Pérou 4/2.
En demi se dresse l’Uruguay, rappelant aux Auriverde le mauvais souvenir de 1950. Bien que tendu et mené au score dès la 19ème minute par un but Cubilla, la Seleçao revient au score juste avant la mi-temps et l’emporte finalement 4/1 .

Pele_ O Rei celebrates Brazil's opening goal of the 1970 World cup finalEn finale, Pelé retrouve l’Italie vainqueur de l’Allemagne dans les prolongations. (Un match que je vous recommande). Le Roi ouvre le score de la tête à la 18ème grâce à un centre de Rivelino. Un Timing parfait.

Toutefois, sur une erreur monumentale de la défense brésilienne, l’Italie égalise par Boninsegna. Insuffisant pour des Transalpins trop frileux. Gerson, Jairzinho et Carlos Alberto, crucifient une Squadra dépassée.

Cette 3ème victoire en Coupe du monde permet au Brésil de remporter le trophée Jules Rimet. Pelé met un terme à sa carrière internationale deux matchs après la fin de la compétition. Il totalise 77 buts en 96 sélections. Il ne lui manque qu’une Copa America. Cela ne l’empêche pas de poursuivre les tournées avec Santos pour lequel il a disputé plus de 1000 matchs. La Fédération tentera en vain, de le solliciter pour la Coupe du monde 74.

Avec son club, Pelé compte 11 titres de meilleurs buteurs, 10 titres de champions Paulista et 5 coupes du Brésil. A 34 ans, il signe un contrat avec les Cosmos de New York dirigés par le patron de Warner Steve Ross. Une équipe moyenne qui se renforce en recrutant des stars comme Frantz Beckenbauer. Aux USA, Pelé inscrit 65 buts en 111 matchs et remporte le titre face aux Seattle Sounders en 1977. Le Roi abdique à 37 ans.

Post football, Pelé décide de mettre sa notoriété au service de nobles causes. Il lutte contre la pauvreté et milite pour l’éducation des jeunes. Côtoyant des intellectuels, il souhaite combler une partie de son retard. Il a entrepris avant la fin de sa carrière un cursus universitaire qui lui permet d’obtenir un diplôme d’éducation physique. Plus tard, Pelé devint Ministre des sports et permit une adaptation sud-américaine de l’arrêt Bosman.

Tactique

Avant d’étudier le profil de Pelé, il faut vous mettre dans les conditions d’époque. Des systèmes tactiques et animations parfois différents d’aujourd’hui, des maillots en coton, des shorts très courts et des chaussures lourdes. Quant au ballon en cuir ils sont par temps de pluie durs comme du plomb.

°Pelé, le 9,5

Pelé a inscrit un nombre incroyable de buts. Pour autant, ce droitier, d’1m 69, pour 72 kilos ne peut être catalogué comme un véritable numéro 9. Il est plus proche d’un 9,5 capable de marquer, poser le pied sur le ballon, animer le jeu et tirer les coups de pieds arrêtés.

PELE CONTROLE DE LA TETEDans le 4/2/4 Brésiliens, il n’est donc pas rare de le voir décrocher, jouer dos au jeu, tout en déviation.

Si le rôle de pivot est souvent attribué à un numéro 9 de grande taille, sa technique lui permet de remiser instantanément malgré la pression du défenseur. Son registre ressemble toutes proportions gardées à celui d’un Francesco Totti voire d’un Wayne Rooney.

Pelé possède une finition hors du commun mais excelle surtout dans ses contrôles de balles qui lui permettent de préserver un temps d’avance sur son défenseur. Jeune, il apprend à dompter le ballon, du droit du gauche et de la tête.


Si Pelé ne nous impressionne pas par ses grigris comme peut le faire Garrincha, sa vitesse d’exécution (Contrôle, placement, frappe) et son sang froid le rendent unique en son genre. Ainsi il maitrise l’art des volées et autres bicyclettes. De plus et malgré sa petite taille, le Roi fait la loi dans les airs grâce à son excellente détente héritée de son père Dondinho.

Evidemment, Pelé jouit d’une « vista » sans pareille qui équivaut sans doute à bon nombre de gestes techniques. Ses feintes de corps sont un pur régal et ses crochets laissent ses défenseurs sur les talons. Côté finition, il possède une excellente frappe du coup du pied ainsi qu’un bon « extérieur ». Deux techniques difficiles à maitriser puisqu’elles requièrent un parfait équilibre.

Comme tous les champions qui s’inscrivent dans la durée, Pelé est un travailleur acharné. Plus surprenant il pratique les arts martiaux pour parfaire son football. Ils lui permettent de travailler sa détente, d‘apprendre à tomber sans ce faire mal et à améliorer son agilité. Sa « grinta » fait de lui un joueur capable de transpercer les lignes, aller au bout de ses actions, jouer les renards des surfaces mais lui confère également la force de se replacer et de récupérer les ballons.

pelé goalEnfin, un élément que la majorité des biographes ignorent, Pelé excelle dans les cages.

Ainsi il officie en tant que gardien remplaçant du Brésil et de Santos avec lequel il dispute respectivement 3 et 1 matchs à ce poste. Comprendre la manière dont pense un gardien de but ne peut être qu’un atout pour un attaquant.

°The Artist

Pelé nous bluffe par sa conduite de balle, tout en caresse et en toucher qui lui permet de garder le ballon collé à la chaussure. Ses courtes foulées, sa tête haute, plongent le défenseur dans une éternelle incertitude. Le Roi maitrise aussi les changements de rythmes, ce qui n’est pas si courant.

blessure vs portugal

Pelé est un acteur, que ce soit avec le public ou ses adversaires. Parfois on discerne même une certaine nonchalance. Sur le terrain, comme la majorité des 9,5, il aime se balader en toute liberté.

Un comportement difficile à adopter à une époque où le marquage individuel est courant. Ainsi ses joailliers pratiquent assidument le marquage à la culotte. Pire, Pelé est régulièrement victime de tacles assassins.

°Regrets ?

Oui, on aurait aimé le voir évoluer sous les couleurs d’un grand club européen. C’est souvent ce que ses détracteurs lui reprochent. Il prétend aimer relever les défis mais il a toujours refusé les offres. Pour tenter de le comprendre, il faut prendre plusieurs éléments en compte.

Jusqu’à la Coupe du monde 66, les Brésiliens qui évoluaient à l’étranger ne pouvaient pas prétendre jouer en équipe nationale. C’est le même système que l’on retrouve chez les Anglais au rugby.

Ensuite, Pelé possédait une telle côte de popularité, un tel confort au Brésil qu’on peut comprendre que la vie européenne ne l’attirait pas. En outre la pression du dictateur Castelo Branco qui le désignait comme un trésor national a dû jouer. Le Général avait besoin du football pour sa propagande.

coupe du monde des clubs en 68A propos du faible niveau du Championnat Paulista, l’argument est pertinent mais il faut savoir qu’à cette époque, Santos tel les Harlem Globetrotters aujourd’hui, parcourait le monde pour faire des tournées.

On ne peut pas comparer ses voyages aux promotions estivales de nos clubs européens. Les matchs étaient pris au sérieux et Santos devait préserver sa réputation en alignant son équipe type. Tout cela contraint Pelé à disputer 103 rencontres en 1 saison.

Le Roi n’a certes pas évolué dans les grands clubs européens mais cela ne l’a pas empêché de les battre. Et, la coupe du monde n’était-elle pas au moins à l’époque la plus grande des compétitions ?

Enfin, pour justifier le choix des New York Cosmos, Pelé se trouvant dans une situation d’endettement et ayant annoncé publiquement sa retraite pouvait difficilement revenir sur ses dires. Un salaire conséquent ainsi qu’un rôle d’ambassadeur du football aux USA le satisfaisaient.
 

Psychologie

°Edson l’agité

PELE MINILe petit Edson est un enfant dissipé, bavard, casse-cou, ingérable, qui aime faire le clown et amuser la galerie. Jouer et s’amuser seront aussi les maitres-mots du Roi Pelé.

Les enfants hyperactifs ont souvent besoin d’une passion, d’un sport pour pouvoir s’exprimer. Le clown devient vite perfectionniste. L’exigence, mêlée à l’insouciance qui le caractérisent ont crée l’artiste.


Malgré ses deux ans de retard à l’école, Pelé a toujours aimé réfléchir, et bénéficie d’un sens logique et d’analyse pointu. Toutefois, la naïveté, voire la « flemmardise » hors football qui lui collaient à la peau dans sa jeunesse, lui ont causé d’importants soucis financiers.

°Le Showman

Pelé ne s‘est pas toujours appelé Pelé. Ce nom viendrait d’un gardien nommé Bilé dont Edson n’arrivait pas à prononcer le nom. Si le Roi n’avait pas été footballeur, il aurait excellé dans le rôle d’acteur. Drôle et spontané, l’homme affiche un sourire ravageur qui impressionne et séduit les filles, les spectateurs mais aussi les arbitres.

Lors d’un match, un arbitre nommé Etzel accorde au Roi un but non valable, déclarant à l’équipe adverse : « Vous savez quoi ? L’action était tellement belle que je vais l’accorder qu’il soit entré ou pas, un point c’est tout. » Autre anecdote : Lors de son dernier match avec Santos, en plein match, Pelé se saisit du ballon, l’amène jusqu’au rond central et s’agenouille. Ces deux histoires ne sont que des détails parmi tant d’autres. Vous devez comprendre ce que représente Pelé au Brésil et dans le monde. Malgré ses excès, le Roi rentre systématiquement en communion avec le public.

pelé la starTêtu, Pelé ne doute pas ou peu. D’une famille très chrétienne, il a toujours eu conscience de son talent qu’il considère comme un don de Dieu. Comment ne pas croire en soit lorsque le divin vous aide ?


Toutefois, Pelé a quelque fois tendance à parler de lui à la troisième personne. Un détail qui en dit long mais qu’il justifie par une sorte de dédoublement de personnalité.

Il parle de Pelé comme d’une « créature indépendante » qui écrase Edson. Vu sa popularité, on peut presque le comprendre. Pourtant dans son ouvrage, on a l’impression qu’il est plus obnubilé par ses buts que par ses victoires collectives.

°Pelé Vs Maradona, Messi….

Lors de la cérémonie du ballon d’or 2014, on a tous vu les larmes de Pelé lorsque la FIFA lui a remis un « ballon d’or“ honorifique pour l’ensemble de sa carrière. A son époque, cette distinction n’était attribué qu’aux joueurs européens évoluant en Europe. Le Roi ne cache pas éprouver de la jalousie vis à vis des lauréats et plus particulièrement envers Lionel Messi le quadruple ballon d’or. Certains de ses contemporains bien que respectueux, lui reprochent une certaine aigreur.


pele messi maradonnaPelé est souvent titillé par les journalistes qui ne cessent de le comparer au numéro 10 barcelonais. Le roi défend son trône avec prétention : « Quand Messi aura marqué 1283 buts comme moi, quand il aura gagné trois Coupe du Monde , on en reparlera« .
Pelé affirme que Messi et lui sont techniquement du même niveau. Toutefois il s’estime meilleur du gauche que Messi ne l’est de son mauvais pied. Sur ce point, on ne peut pas le contredire.

Concernant un autre argentin, plébiscité et considéré par Messi comme le meilleur joueur de tous les temps il déclare : » Maradona, il n’avait qu’un pied, et n’était pas bon dans le jeu aérien. C’était un grand joueur oui, mais ce qui lui est arrivé durant la Coupe du monde 1994 a terni son image. » Sur ce point, on ne peut pas le contredire.

En fait, Pelé voit la comparaison comme une succession de critères objectifs au contraire de certains qui préfèrent un joueur excellant dans un domaine précis. Le Roi, en vieux guerrier ne veut pas que l‘on l’oublie.

Respect !

PELE DE DOSQue Pelé soit ou non le meilleur joueur de tous les temps, ses trois Coupes du monde plaident en sa faveur. Si aujourd’hui on estime qu’un Championnat d’Europe est sans doute d’un niveau supérieur , la Coupe du Monde reste la compétition la plus prestigieuse. Comme un au revoir Pelé déclare : « j’aimerais que les gens se rappellent que j’ai été une bonne personne qui a toujours voulu unir les gens et rassembler les peuples… et qu’ils se souviennent aussi que j’ai été un bon joueur ».

Palmarès et Distinctions

Coupe du monde : 1958, 1962, 1970
Coupe intercontinentale : 1962, 1963
Recopa Sudamericana : 1968
Supercoupe des champions intercontinentale : 1968
Copa Libertadores : 1961, 1962
Coupe du Brésil : 1961, 1962, 1963, 1964, 1965
Championnat de l’Etat de Sao Paulo : 1956, 1958, 1960, 1961, 1962, 1964, 1965, 1967, 1968, 1969, 1973
Copa Roca : 1957, 1963
Championnat des Etats-Unis : 1977

Elu Athlète du siècle par le Comité International Olympique
Sacré joueur du XXème siècle par la FIFA
Elu meilleur joueur mondial du siècle
Meilleur joueur sud-américain de l’année 1973
Ambassadeur pour l’ONU et l’UNESCO à l’Education, l’Ecologie et l’Environnement
Grand Prix de l’Académie des sports 1970
FIFA Ballon d’Or d’honneur en 2013

Tu as apprécié ? 😀 Retrouve mon focus sur Didier Drogba : https://flavbories.wordpress.com/2013/11/05/focus-sur-didier-drogba/

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