Billet : Arsenal, Poudre ou Canon ?

Arsenal, poudre ou canon ?

ARSENAL FC MANAGER HOLDS THE FA CUP AND PREMIER LEAGUE TROPHIES.

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L’équipe d’Arsenal a toujours occupé une place privilégiée dans le cœur des Français. Déjà parce qu’elle est managée par Arsène Wenger et puis parce qu’elle fait figure d’OVNI, dans un football anglais qui privilégie le jeu direct. Direct ne veut pas dire long ballon mais signifie rythme soutenu, espaces minimes, intensité physique et contre-attaques rapides. Les Gunners proposent un jeu de construction fait de passes courtes et redoublées dans la plus pure idée que l’on se fait d’un 4/2/3/1. Problème, Arsenal ne gagne pas ou plus. Ces dernières saisons, les Gunners enchaînent les déceptions et perdent leurs meilleurs joueurs qui déclarent  » partir pour gagner des titres ».

Histoire

square fcLe Dial Square FC est créé en 1886 à Woolwich, dans le Sud-Est de Londres, par des ouvriers du Royal Arsenal, une manufacture d’armements et d’explosifs. En 1891, le club devient professionnel.

On parle alors du Woolwich Arsenal. En 1910, un certain Henry Norris, propriétaire de Fulham, le rachète.

Relégué en deuxième division en 1913, le W.Arsenal émigre à Highbury, au Nord de Londres. Le club est rebaptisé Arsenal Football Club.

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Si la Première Guerre Mondiale empêche Arsenal de poursuivre sa mutation vers le professionnalisme, il fait partie des équipes sélectionnées pour remonter en première division. Suspicieux, leurs éternels rivaux, les Spurs de Tottenham accusent le président d’Arsenal de distribuer des pots de vins. On note qu’à ce jour, les Gunners, n’ont plus jamais été relégués en deuxième division.

Les années 20 coïncident avec l’arrivée d’Herbert Chapman, l’entraîneur émérite du Uddersfield Town Football Club. L’inventeur des crampons et protège-tibias, révolutionne le jeu de son équipe en proposant la fameuse formation en W-M. C’est un schéma constitué de deux latéraux, d’un défenseur central, de deux « demi-défensifs », de deux milieux offensifs et de trois attaquants.

Herbert_Chapman_bust_20050922Ce système est dû en partie à la modification des règles du hors-jeu. Il reste à la mode jusqu’aux débuts des années 50. Fort de son inventivité, Arsenal remporte cinq titres de champions d’Angleterre auxquels s’ajoute 2 coupes nationales. Le Championnat est de nouveau suspendu à cause de la Seconde Guerre Mondiale. Cette interruption n’empêche pas les Gunners d’être à nouveau champion en 1948 et 1952.

Après une période creuse, les années 60 leurs permettent de renouer avec le succès. Ils remportent le premier et seul titre européen de leur histoire, mais aussi la Coupe des Villes de foire, une compétition créée en 1955. A l’époque, elle se jouait tous les ans et faisait la promotion des foires internationales. En 1971, elle est remplacée par la Coupe UEFA.


Un an plus tard, Arsenal, emmenée par l’entraîneur Bertie Mee et quelques grandes légendes tels que  McLintock, Brady, James et Wilson, réalise le prestigieux doublé coupe-championnat.
Mais, comme un « pétard mouillé », Arsenal est privé de titres pendant neuf longues années.

Les années 80 coïncident avec l’arrivée de joueurs que vous connaissez sans doute : Paul Dixon, Nigel Winterburn… pour ne citer qu’eux. Ils sont accompagnés de joueurs du cru comme Tony Adams. Ils ne sont pas connus pour leurs qualités techniques et pour cause, Arsenal joue mal, mais gagne la coupe de la ligue en 1987 et 1993, le championnat en 1989, 1994 et une Coupe des vainqueurs de Coupes en 1994.

Parallèlement l’équipe des Arsenal Ladies Football Club voit le jour. Fondé en 1987, elles sont considérées aujourd’hui comme une des meilleurs équipes du royaume. Avec 13 titres de championnes, 11 coupes d’Angleterre, 10 coupes de la ligue et une Coupe de l’UEFA, elles n’ont pas à rougir face à leurs homologues masculins.

henry wengerEn 1996, l’arrivée de l’ex-entraîneur de Monaco, Arsène Wenger suscite des interrogations. Emmené par des cadres tel que David Seaman, il recrute de jeunes espoirs comme Thierry Henry (226 buts et meilleurs buteur du club) , Denis Bergkamp, Marc Overmars, Patrick Vieira ou Freddy Ljungberg…. Les Gunners jouent bien et remportent le Championnat en 1998 et 2002 ainsi que la Coupe d’Angleterre la même année.

La saison 2004 est une apothéose. La bande à Henry surnommée, les Invincibles, est sacrée championne d’Angleterre sans avoir concédée la moindre défaite. Il leur manque un sacre sur la scène Européenne. Les Gunners n’en sont pas loin. Ils atteignent la finale de Ligue des Champions en 2006, mais s’incline face au FC Barcelone. Cette année est aussi celle du changement. Le mythique Highbury est remplacé par l’ Emirates Stadium. Depuis, 2005, date de son dernier titre, Arsenal connait une période creuse qui ne l’empêche pas d’être considérée comme un grand club anglais.

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Aujourd’hui

hangryArsenal et Wenger n’ont pas été épargnés par les critiques. Pas de titre, les meilleurs joueurs qui plient bagages, peu de recrues… Pourtant cette saison, « tout le monde » dit que les Gunners ont les moyens financiers de leurs ambitions. Mais voilà, Wenger, comme mon père, n’aime pas dépenser inutilement. Il ne recrute que si le joueur apporte un plus à son équipe.

Un raisonnement logique mais si peu respecté par les grands clubs comme Chelsea ou le Real Madrid. On est taxé de frileux ou de pingre dès qu’on ne dépense pas. Vous le savez, Arsenal mise sur la formation. Une politique traduite par l’achat de jeunes joueurs en devenir,  rarement confirmés. Beaucoup pensent que les succès de Wenger se sont réalisés par ce biais. C’est faux. Ces jeunes étaient entourés de joueurs cadres, expérimentés.

Ces dernières années, supporteurs et observateurs réclament sans cesse un 9, un 10 et un gardien. La seule chose que je reproche à Wenger, c’est de ne pas avoir recruté de numéro 6 depuis le départ d’Alexandre Song. Sans récupérateur de métier, il doit confier cette tâche à Jack Wilshere et Mikel Arteta, deux numéros 8 créatifs qui perdent beaucoup de lucidité à défendre. Associer l’un des deux à un numéro 6 me parait judicieux, même si je préfére voir Wilshere en 10.

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flaminiOn le sait, Arsène est têtu. Borné au point que je me suis demandé si un milieu en triangle, à trois relayeurs peut être équilibré. Je n’ai toujours pas la réponse car Mathieu Flamini, laissé libre par le Milan AC, est venu régler ce problème.

Ce n’est pas le meilleur récupérateur du monde, mais il a le mérite d’arriver gratuitement, de connaitre le club pour y avoir évoluer de 2004 à 2008 et d’ être ce numéro 6, bon relanceur dont Wenger a besoin. A présent, penchons nous sur le super flux : l’arrivée du talentueux Mezut Özil. Un chèque de 50 millions d’euros pour calmer un public qui a épuisé son stock de mouchoirs. Alors la venue d’Özil est-elle utile ?

Par son profil ? Non. Pour l’équilibre du groupe ? Non. Il s’ajoute au numéro 10 déjà présent comme Cazorla, Wilshere et Rosicky. En revanche, son talent apporte un plus et malgré son jeune âge, il peut transmettre son expérience et sa confiance, pour ne pas parler de « culture de la gagne ». L’épanouissement de certains footballeurs ne se réalise qu’avec  la présence de joueurs chevronnés.

Cazorla blessé, Özil a tout le loisir de s’exprimer sur le côté droit. En même temps, qui en doutait ? En patron, il prend la vedette et permet à des joueurs comme Wilshere de s’exprimer. Ainsi, Özil peut être le symbole affiché des ambitions du clubs et permettent à une équipe que l’ont dit « trouillarde“ de prendre conscience de sa valeur. 

Arsenal est sur la bonne voie. Avec la confirmation des talents et de la complémentarité entre Wilshere et Ramsey, l’un technique, et agile, bon dans les petits espaces et l’autre complet, travailleur et bon finisseur, les Gunners possèdent l’un des duo de 8-10 les plus complémentaire au monde.

Arsenal-goalkeeper-Wojcie-005L’aspect défensif, un problème résolu ?  Wenger a trouvé un certain équilibre. Sans reparler de Flamini, la question du gardien était le centre des débats. Cette saison le polonais Szczęsny s’affirme.

Devant lui, l’association Mertesacker-Koscielny  plait, au point de reléguer le talentueux gaucher Thomas Vermalen, sur le banc.

Coté latéraux, Bakary Sagna souvent critiqué, est à l’aise. Malgré des pépins physiques récurrents, il retrouve un bon niveau. Alors oui, sa qualité de centre n’est toujours pas un atout mais, défensivement, le garçon à progressé. Son entraineur n’hésite plus à le placer dans l’axe. Il faut reconnaitre que l’ancien Auxerrois s’est montré brillant, appliqué et bon dans l’anticipation.
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A gauche, Kieran Gibbs éternel espoir, handicapé lui aussi par des blessures, franchit un pallier. Après avoir vu l’arrivée, de Nacho Monreal, on le pensait menacé et cantonné au banc des remplaçants. La concurrence lui fait le plus grand bien. Régulier et percutant, l’Anglais pourrait espérer contester l’hégémonie du duo Cole-Baines et ainsi envisager une place pour la Coupe du Monde.

Devant, Olivier Giroud fait un début de saison satisfaisant. Beaucoup le critiquent, le disent limité et estiment qu’il n’est pas capable de finir la saison à 25 buts. Peut-être, sans doute même… Et alors ? Son apport dans le jeu est considérable.

GiroudIl pèse sur une défense, son gabarit et son jeu de tête font de lui un danger permanent sur les coup de pieds arrêtés ou sur coup franc. Sa palette lui permet de jouer dos au jeu, un point déterminant dans pour le 4/2/3/1 d’Arsenal. Point d’ancrage, il provoque des fautes et permet à ses ailiers et milieux de terrain de jouir d’une certaine liberté.

L’avenir

Enfin, une question se pose. Comment Wenger va-t-il gérer le retour des blessés ? C’est un problème de riche disent certains, mais, gérer un effectif est beaucoup plus difficile qu’on ne le pense. Qui retirer pour Mikel Arteta, capitaine, la saison passée ?

Que faites vous de Santi Cazorla, de Lucas Podolski et d’Oxlade Chamberlain ? Qui des jeunes Miyaichi et Gnabry qui bénéficient enfin de temps de jeu. Que fait-on de Thomas Rosicky, qui revint à son meilleur niveau ? Je n’y inclus pas pour le moment  Abou Diaby qui espérons le, retrouvera le terrain et le haut niveau.

ARSENAL PEACEGérer un effectif, tout en gardant un équilibre, et un groupe saint, sera la tâche la plus ardue d’Arsène Wenger.

Une blessure de Mathieu Flamini, seul numéro 6, pourrait replonger les Gunners dans leur travers.

Si le jeune Emmanuel Frimpong évolue dans ce registre, on attend toujours son éclosion.

Avec les bouleversements que connait Manchester United, mes doutes sur les compétences de Villas Boas à la tête de Tottenham, les débuts en demi-teinte de Manchester City  et les balbutiements de Chelsea, ne pourraient-on pas assister au réveil d’Arsenal ?

Palmarès

Championnat d’Angleterre : 1931, 1933, 1934, 1935, 1938, 1948, 1953, 1971, 1989, 1991, 1998, 2002, 2004
Coupe d’Angleterre : 1930, 1936, 1950, 1971, 1979, 1993, 1998, 2002, 2003, 2005
Coupe de la Ligue : 1987, 1993
Community Shield : 1930, 1931, 1933, 1934, 1938, 1948, 1953, 1991, 1998, 1999, 2002, 2004
Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe : 1994

Coupe des villes de foires : 1970

T’as apprécié ? 😀 Retrouve mon billet sur le Milan AC : https://flavbories.wordpress.com/2013/08/24/billet-la-scala-de-milan/