Billet : La Scala de Milan

« La Scala de Milan »

Ac Milan hd Wallpaper 2012-2013 14

L’Associazione Calcio Milan m’est toujours apparue comme un club à part, comme une institution qui dégage quelque chose de majestueux. De son aura émane une classe qu’aucune autre équipe ne possède. Les Rossoneri ne laissent rien au hasard : un stade magnifique, des maillots tendances, des joueurs triés sur le volet. On n’est pas rossonero que pour ses performances sur le terrain, les qualités humaines sont primordiales et aucun joueur n’est au-dessus du club. En somme, c’est une équipe de gentlemen. Mais ça c’était avant !

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paolo-maldiniCertains en parlent comme d’une maison de retraite, faisant référence à l’arrivée d’un Ronaldinho hors de forme, d’un Beckham marketing, du redoutable Van Bommel… Pourtant, Maldini, Costacurta, Inzaghi, Cafu et tant d’autres sont restés performants malgré les années. Dans ma quête de connaissances, je m’intéresse à d’anciennes gloires du Milan AC comme Gullit, Rijkaard, Van Basten ou Baresi. Cette étude renforce l’image que je m’étais faite de ce club.

Aujourd’hui, nous sommes loin de ces grands noms et de leurs matchs d’anthologie. En difficultés financières, politiques et sportives, le club a perdu la plupart de ses cadres et de son lustre. Si les Milanais subissent la concurrence de revenants tels que Naples, la Fiorentina et la Lazio, ils sont surtout victimes de l’écrasante domination de la Juventus qui reste sur deux titres consécutifs. Avant de faire un bilan de cette saison et de nous tourner vers la prochaine, revisitons rapidement l’histoire de ce club légendaire.

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L’Histoire

herbert kilpinLe Milan AC est créé le 16 décembre 1899. Fondé par l’anglais Herbert Kilpin, le club est victime d’une vague nationaliste menée par le pouvoir et la fédération italienne de football.

Ces agissements conduisent à une scission et à la naissance en 1908 de l’Internazionale. Comme son nom l’indique, l’Inter prône l’intégration de joueurs étrangers. Une volonté qui s’oppose à la politique pro-italienne du Milan.
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Les supporteurs rossoneri sont traditionnellement issus d’un milieu populaire d’ouvriers surnommés « les Tourne-visses ». Avec la montée du fascisme qui commence à la fin de la Première Guerre Mondiale, le club comme plusieurs autres devient un instrument de propagande pour le dictateur Benito Mussolini.

gianni1950 sonne l’heure du renouveau. Avec des joueurs tels que Gren, Nordahl, Liedholm et plus tard, l’Uruguayen Schiaffino, le club remporte quatre scudetti (1951 ; 1955 ; 1957 ; 1959) et atteint la finale de la Coupe d’Europe des clubs Champions en 1958.

Les années 1970 commencent avec l’éclosion de Gianni Rivera, meneur de jeu et ballon d’or 1969. Milan remporte 2 coupes d’Europe (1963 ; 1969), 2 coupes de vainqueur de coupe (1968 ; 1973). 2 championnats (1962 ; 1968) et 4 Coupes d’Italie (1967 ; 1972 ; 1973 ; 1977).

L’équipe s’immisce parmi les Grands d’Europe. Stoppée dans sa lancée, le club est relégué (1979) en Serie B pour des problèmes financiers.

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Les années 1990 : Le 20 juillet 1986 un jeune homme d’affaires, Silvio Berlusconi, décide de racheter le Milan AC. Je le cite :  » Nous voulons bâtir une équipe qui possède un style, une classe ». Son argent (+ 100 milliards de lires ) fait grandir le club et lui permet de remporter le championnat dès 1988. S’en suit des titres en 1992 ; 1993 ; 1994 ; 1996 et 1999 ainsi que 4 Supercoupes d’Italie (1988 ; 1992 ; 1993 ; 1994). Sur la scène européenne le club décroche 3 C1 (1989 ; 1990 ; 1994), 3 Supercoupes d’Europe (1989 ; 1990 ; 1994) et 3 Coupes intercontinentale (1989 ; 1990)

Ruud Gullit of AC Milan celebrates with the European Cup after win against Steaua Bucharest in 1989.En 1987, l’arrivée du technicien Arrigo Sacchi  permet à l’institution de se pérenniser. Il y instaure un jeu de qualité, inspiré du football total de l’Ajax d’Amsterdam.

Emmenée par le capitaine Franco Baresi, cette équipe marquera à son tour l’histoire. Une génération de joueurs fantastiques émerge avec en tête d’affiche le célèbre trio Rijkaard, Gullit, Van Baasten.

À Partir de 2001, vient la génération dite des « sénateurs« . Noble et « stylée », le groupe se compose du légendaire Maldini (902 matchs chez les Rossoneri et fils du célébre Cesare Maldini), Nesta, Cafu, Kaka, Seedorf, Pirlo, Chevtchenko, Inzaghi, Crespo, Rui Costa…

ancelottiCette équipe évolue dans un 4/4/2 en diamant, un système où les latéraux sont déterminants dans leur travail offensif et défensif.

Dans cette « dream team », chacun a son statut, son rang, sa place.

Décrite comme irrégulière malgré ses trophées glanés, elle affiche un bilan respectable : 2 Ligue des champions (2003 ; 2007) , 2 Supercoupes d’Europe (2003 ; 2007) , 1 Mondial des Clubs (2007), 1 championnat (2004) et 1 coupe d’Italie (2003).  

La Mutation

Ces dernières saisons, le Milan a perdu de sa superbe. Progressivement les cadres sont partis (Nesta, Gattuso, Inzaghi, Kaka, Seedorf, Pirlo, Silva, Ibrahimovic, j’en oublie sûrement…) sans être remplacés.

balotelli boatengA l’arrivée des Boateng, Balotelli ou De Jong, j’étais perplexe. Pourtant, le Milan garde cette magie, cette force qui fédère et responsabilise.

Sans tirer le club au sommet européen, ces joueurs s’assagissent et respectent l’institution. Dans un monde où l’amour du maillot n’a plus grande signification, Milan reste unique. C’est un club où on aime se poser, s’émanciper. La saison passée, les Milanais se sont qualifiés lors du dernier match de championnat contre Sienne, pour les barrages de la Ligue des champions.

Pourtant, les trois premiers mois sont calamiteux et le club s’est même trouvé dans la zone de relégation. On note pas mal d’hésitations dans la tactique à adopter. Alternant entre le 4/3/1/2, le 3/4/3, pour finir dans un 4/3/3, les observateurs se plaignent d’un manque de folie dans le jeu. Résultat, durant toute la saison, l’entraineur Massilliamo Allegri se retrouve sur la sellette.

Soutenu par ses joueurs, l’entraineur renverse la tendance et parvient à remonter (42 points engrangés lors des matchs retour) jusqu’à la troisième place, au terme d’un « duel » acharné face à la Fiorentina. Autre fait d’armes : le gros match contre Barcelone en huitième de finale allée de Ligue des Champions. Malgré une élimination, les joueurs ont pratiqués un bon football, ont fait honneur à leur maillot comme au plus beau jour du Milan AC.

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L’avenir

montolivoCette saison, le brassard est au bras de Ricardo Montolivo. Il remplace Massimo Ambrosini, parti à la Fiorentina. Méconnu dans l’hexagone, il fait pourtant partie des très bons milieux de terrain européen. Par sa vision du jeu et sa qualité de passe, il s’est imposé comme le meneur de jeu de l’équipe.

Finances obligent, Milan est contraint d’effectuer un recrutement discret et mesuré. Les Rossoneri ont cherché en vain à se débarrasser du décevant et onéreux Robinho.

Le club a misé sur le jeune Poli, transfuge de la Sampdoria et révélation de la saison dernière pour 2 millions d’euros + Salomon. En revanche, il s’est vu refuser une offre de 8 millions pour Ljalic, l’élégant milieu de terrain de la Fiorentina. Le Milan a beau être le Milan, il doit payer ses joueurs au juste prix. La jeunesse, le club sait qu’il doit miser dessus. La révélation De Siglio, la confirmation d’El Sharaawy (meilleur buteur : 16 buts) et l’arrivée de Mario Balotelli lors du mercato d’hiver dernier suscitent l’enthousiasme. Ils seront avec leur capitaine et Prince Boateng, chargés de tirer l’équipe vers le haut. A suivre…

L’arrière-garde était un des casse-têtes de la saison dernière. La charnière Mexes-Zapata inconstante, va devoir confirmer. Profitons-en pour parler de Kevin Constant. Arrivé sur la pointe des pieds en tant que milieu de terrain, il a su saisir sa chance dans un rôle de latéral gauche. Malgré la concurrence de De Siglio, sa saison reste honorable.

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berluEnfin, espérons pour le Milan que les ennuis judiciaires de Berlusconi (condamné à 7 ans de prisons et d‘une peine d’inéligibilité à vie) ne l’handicaperons pas.

Heureusement, l’Inter comme à son habitude semble en plein doute. Les supporteurs vivent mal ces dernières saisons. Ils attendront un bon départ, du beau jeu et de la sérénité.

Cette année sera celle du tout ou rien. Si on ne les voit pas concurrencer la Juve, les Rossoneri peuvent viser une place en Ligue des Champions. Méfiance ! Ils auront fort à faire avec la résurrection de la Fiorentina, de la Lazio et de la confirmation du Napoli comme grand d’Italie.

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Palmarès

Ligue des champions : 1963, 1969, 1989, 1990, 1994, 2003, 2007
Coupe des coupes : 1968, 1973
Supercoupe d’Europe : 1989, 1990, 1994
Coupe intercontinentale : 1969, 1989, 1990
Coupe du monde des clubs : 2007

Championnat d’Italie : 1901, 1906, 1907, 1951, 1955, 1957, 1959, 1962, 1968, 1979, 1988, 1992, 1993, 1994, 1996, 1999, 2004, 2011
Coupe d’Italie : 1967, 1972, 1973, 1977, 2003
Supercoupe d’Italie : 1988, 1992, 1993, 1994, 2004, 2011

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