Focus sur : Zlatan Ibrahimović

Zlatan Mode d’Emploi

ibrahimovicjoconde17072012[1]

 

Zlatan Ibrahimović, est un des meilleurs joueurs à son poste. Le suédois 32 ans, est connu pour ses performances, son caractère et son agressivité. Pour beaucoup c’est un individualiste. Ce portrait, s’appuye sur ses matchs et son livre : » Moi Zlatan Ibrahimović » ed. JC Lattès.

On comprend ce qu’ il pense de sa vie, de son football et de ses rapports avec les autres. Derrière cet homme caractériel et impulsif, on trouve de la sensibilité et des valeurs. Dans cette lecture, on rit, on grimace et on apprend. J’apprécie ce joueur charismatique et talentueux qui apporte de la variété dans un football si codifié.

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Biographie

zlatan_8[1]Né le 3 octobre 1981, Zlatan Ibrahimović, d’origine serbo-croate, est issu d’un quartier pauvre où se regroupe des immigrés de divers horizons. En plus d’un environnement difficile, ses rapports familiaux ne sont pas des plus tendres : parents divorcés, père alcoolique… Il rappelle souvent que s’il n’avait pas embrassé la carrière de footballeur, il aurait sans aucun doute mal tourné.

Dans sa jeunesse, Zlatan est connu pour être un petit chenapan. Le vol d’une bicyclette offerte par son frère lui apparaît comme une injustice. Pour la réparer, il se met à voler des vélos et n’a pas froid au yeux, puisque certaines victimes ne sont autres que le facteur et l’entraineur adjoint du Malmö FF.

Passé par des petits clubs de quartiers, Ibra brille par sa technique, par sa capacité à se sortir de tout petits espaces et ne tarde pas à se faire recruter par le Malmö FF. Dans le centre de formation, les différences avec ses partenaires se confirment. D’un autre milieu social, individualiste, voleur et indiscipliné, il fait l’objet de pétitions qui exigent son départ.

Malgré ces aléas, il signe son premier contrat en 1996. Après 2 bonnes saisons en équipe première, il est scouté par Leo Beenhakker, mandaté par l’Ajax Amsterdam. En Suède , son transfert de 7 800 000 d’euros fait jaser. Dans sa biographie, il se dit victime de la malveillance du directeur sportif du Malmö FF, Hasse Borg qui lui aurait conseillé de ne pas prendre d’agent. Sans lui, personne n’est là pour discuter vos droits et votre club a tout loisir de s’en mettre plein les poches !

attaquant-amsterdam-zlatan-ibrahimovic-exprime-4459-diaporama[1]A son arrivée à l’Ajax, on lui confie le numéro 9 ancienne propriété de Marco Van Basten. Alors qu’il ne sait où loger, il est hébergé par son coéquipier Maxwell dont il ne tarit pas d’éloge. Zlatan en profite aussi pour s’attacher les services de Mino Raiola (son agent actuel), qui deviendra un de ses bons amis.Ses débuts aux Pays-Bas sont délicats. Amsterdam attendait un buteur mais voit débarquer un dribbleur. Avec des performances en dent de scie, il finit sur le banc et il est même question de lui retirer son numéro.

Heureusement pour lui, l’arrivée de Ronald Koeman au poste d’entraineur lui donne un second souffle. Pourtant, les tensions montent entre Ibra et le meneur de jeu, chouchou du public et de la Presse, Raphaël Van Der Vaart. La situation s’envenime au point de diviser le vestiaire : les étrangers soutiennent Zlatan, les hollandais VDV.

Pour finir sur  l’époque Ajax on retient deux buts, l’un inscrit en finale de Coupe des Pays-bas contre Utrecht, et un second, cette fois en championnat face à NAC Bréda, où il dribble toute l’équipe adverse. En conflit avec son entraineur Louis Van Gaal, il est transféré in extremis à la Juventus Turin, coaché par le redoutable Fabio Capello. Il est tout de suite impressionné par cet homme capable de fédérer un aussi grand nombre de stars. Capello veut faire d’Ibra un vrai buteur et n’hésite pas à mettre sur le banc l’icone de toute une ville : Alessandro Del Piero.

Pendant les entrainements Zlatan travaille devant la cage. Si son total de buts dans le Piemont reste modeste, cet entrainement a fini par payé au fil du temps. Sa première année chez la Vieille Dame est couronnée de succès, puisqu’il décroche le titre en championnat. Pourtant, suite aux scandales des paris truqués (Calciopoli), Ibra demande à partir. Dans son livre, il nous raconte une scène que certains trouvent amusante et d’autres révoltante.

276031-12455552-640-360[1]Alors que la Juve doit se déplacer pour jouer son premier match de la saison, il décide de rester dans sa chambre et de ne pas disputer la rencontre. Didier Deschamps, alors entraineur, vient le voir pour le raisonner. Ibra, tout en jouant à la Xbox lui répond : »qu’il peut toujours courir ».

Les deux clubs de Milan se positionnent. Si sa préférence va pour les Rossoneri, il s’engage avec l’Inter au nez et à la barbe de Silvio Berlusconi avec qui il avait rendez-vous pour finaliser son transfert. Chez les Nerazzuri, Ibra est la star autour de laquelle l’équipe se construit. Il mène le club jusqu’au titre qu’il n’avait pas obtenu depuis 17 ans. Après trois scudetti consécutifs, il se rend dans le bureau du président Moratti. Jugeant son équipe incapable de remporter la Ligue des Champions, il lui demande de rester attentif en cas d’offre du FC Barcelone.

Ses rêves se réalisent puisqu’il est transféré pour la modique somme de 50 millions (9 millions de salaire) d’euros plus le camerounais Samuel Eto’o. C’est sans conteste le plus gros transfert de l’histoire du club. Signe du destin, l’année suivante, l’Inter remporte la C1. Malgré un bilan comptable honorable (42 matchs pour 24 buts), son séjour en Catalogne s’achève l’année suivante. Dans son livre, il explique les raisons de son échec par deux facteurs. Le premier est la demande de Messi d’être replacé dans l’axe. Ce repositionnement bouleverse la façon de jouer de l’équipe. Désormais, Ibra est sevré de ballons et se retrouve sur le banc.

pep-guardiola-zlatan-ibrahimovic-2009-12-18-11-11-47[1]Ensuite, vient le conflit avec Pep Guardiola. D’après le Suédois, le malaise est né d’une simple discussion dans laquelle il tente d’expliquer à son entraineur qu’avec le nouveau système il n’est pas exploité au maximum de son potentiel. Après cet entretien, Pep, ne lui aurait plus adressé la parole.

Ibra s’interroge aussi sur certains choix, comme de le faire sortir à la mi-temps alors qu’il a inscrit deux buts en Ligue des Champions face à Arsenal. Leur prise de bec prend une autre dimension lors de la défaite face à l’Inter, privant les Catalans finale. Jugé comme principal responsable par Guardiola, Ibra se lâche : « Tu n’as pas de couilles ! »[…] « Tu te fais dessus face à Mourinho, tu peux aller au diable ! ».

A la fin de la saison, les choses bougent avec un changement à la présidence du Barça. C’est Sandro Rossel qui prend les rennes du club. Sportivement, la situation entre Guardolia et Zlatan est intenable. L’un des deux doit partir et c’est le joueur qui en fait les frais. Après une partie de poker-menteur, le Milan AC flaire la bonne affaire et parvient à obtenir un prêt d’un an avec une obligation d’achat de 24 millions d’euros !

Zlatan IbrahimovicUn Ibra revanchard débarque à San Siro. Le public est séduit et lui témoigne plus d’amour qu’il ne pouvait en espérer. Dans un Milan vieillissant, Zlatan brille de mille feux. Durant ses deux saisons il inscrit 56 buts, remporte un Scudetto et une Supercoupe d’Italie. Pourtant, à la fin de l’année 2011-2012, Milan souffre de problèmes financiers et doit se dé délester de ses plus gros salaires. Le club italien ne peut résister aux millions des Parisiens et cède ses deux meilleurs joueurs : Zlatan et le capitaine de la Séléçao Thiago Silva. Cette saison, le suédois a fait honneur à sa réputation. Il s’est littéralement baladé sur les pelouses au sens propre comme au figuré. Son bilan est impressionnant. Il finit meilleur buteur du championnat français avec 30 buts.

Equipe nationale

Si on se souvient tous de son aile de pigeon face à l’Italie pendant l’Euro 2004, de son ciseau contre nous Français, durant l’Euro 2012 et de son retourné contre l’Angleterre, il est très difficile d’analyser et de comprendre le rapport qu’entretient Ibra avec son pays. C’est en quelque sorte une histoire de « Je t’aime moi non plus ». Petit, Zlatan disait ne connaitre aucun des joueurs suédois et préférait de loin admirer les stars brésiliennes. Pourtant, lorsqu’il reçoit en 2007 le titre de meilleurs athlètes suédois de l’année, il décrit une grosse satisfaction personnelle.

7750865660_zlatan-ibrahimovic-face-a-philippe-mexes-lors-de-la-defaite-de-la-france-face-a-la-suede-a-l-euro-2012[1]La Suède fait partie des nations émergentes du football européen. Elle possède des jeunes talents comme Rasmus Elm, le millieu de terrain du Spartak Moscou mais peut aussi compter sur des joueurs confirmés tels que Kim Källström ou Johan Elmander.

Si la raison a pris le dessus et que Zlatan en est aujourd’hui le capitaine, il lui est arrivé de refuser la sélection.

De toute façon, il sait que pour gravir les marches du Panthéon des légendes, il doit briller lors des compétitions internationales. A l’heure actuelle, Ibra compte 41 buts en 90 matchs avec la Suède.Il est naïf de penser que dans une équipe, l’amour fou règne entre tous les joueurs. Si Ibra s’est lié d’amitié avec l’ancien joueur du Celtic Glasgow et du FC Barcelone Henrik Larsson, il évoque très brièvement des tensions avec le Gunners, Freddy Ljundberg (qu’il ne nomme pas).

 

Tactique

Zlatan est sans conteste, l’un des tous meilleurs attaquants de sa génération. Aujourd’hui, on le connait grand, fort et à l’aise techniquement. Adroit devant le but, il possède la palette complète du buteur avec un petit bémol sur son jeu de tête qu’il utilise trop peu à mon goût. Que ce soit, par une grosse frappe, un petit piqué, une déviation, un tir brossé, enveloppé ou retourné, il sait tout faire. Grâce à son gabarit, il peut jouer dos au jeu, temporiser et servir de point d’ancrage pour ses partenaires.

Si en France, on critique beaucoup les Benzema et Anelka pour leur tendance à beaucoup décrocher, le total de buts de Zlatan noie collibés. Pour son manque d’implication défensive, il prétend suivre les conseils de Marco Van Basten : « Ne fais pas de travail défensif, utilise tes forces et ta lucidité devant le but« . Ibra aime le ballon et apprécie redescendre au milieu de terrain pour participer à la construction. C’est sa manière de concevoir le foot.

img-zlatan-ibrahimovic-psg-1343657399_620_400_crop_articles-159973[1]Avec les années, son jeu a évolué autant que son look. Si à l’Ajax, vitesse d’exécution, dribbles et percussions étaient ses principales qualités, les observateurs soulignaient son manque de finition.

Les différences entre le Zlatan de l’Ajax et celui de Paris, sont une perte d’agilité mais un gain d’ intelligence que l’on on peut qualifier par « sens du but ».

Si son coup de rein ne lui permet plus de marquer des buts comme à l’Ajax, il sait désormais se placer et s’économiser pour gagner en lucidité. Il est toujours très intéressant d’analyser comment un joueur change et modifie son football pour rester performant malgré les années. Même si l’attaque peut sembler lente, il est intelligent d’associer Ibra à un véritable neuf du style Trézeguet ou Gameiro autour duquel il peut tourner. Zlatan est un joueur qui aime la liberté et il faut lui en laisser suffisamment pour qu’il s’exprime. Entraineurs, n’espérez pas faire de lui un pion à qui vous demanderiez de respecter des consignes strictes. Ce mec joue à l’instinct et avec de telles performances que pourriez-vous lui dire ? Qu’il serait meilleur ? Il ne vous croirait pas, et pourtant…

Enfin, trainer une grosse carcasse peut avoir des avantages comme de résister à la pression des défenseurs adverses. Elle a aussi des inconvénients car pour être au top, éviter les blessures et profiter ses qualités, Ibra doit suivre une bonne préparation et soigner son hygiène de vie.

 

Caractère

« Vous pouvez sortir un gars de Rosengard mais vous ne pourrez jamais sortir Rosengard de ce gars « ! Cette phrase résume ce qu’est Ibrahimović, un  homme qui s’est forgé dans la difficulté et l’adversité. Zlatan dit souvent que sur un terrain, il faut savoir rendre les coups que l’on reçoit. Si cette attitude lui a value quelques cartons rouges, elle fait émerger la crainte chez l’adversaire. Dans son bouquin, j’ai découvert un homme fier au cœur sensible. Un être marginal qui ne nous vomit pas la « com » habituelle. Si beaucoup de joueurs craquent sous la pression, lui s’en sert comme d’une drogue. C’est une source de motivation !

zlatan[1]Malgré son physique, Ibra aime le beau jeu et les beaux gestes. Petit, il visionne des dizaines et des dizaines de fois les vidéos de ses idoles dont Ronaldo, jusqu’à maitriser leurs gestes techniques. Cette folie qui l’anime se retrouve dans sa vie et dans son football.

Sa propension à changer de club lui a souvent value le qualificatif de mercenaire. Impulsif, Zlatan a besoin d’adrénaline et de sensations fortes.

En fait, il aime se donner de nouveaux objectifs et savoir qu’il y a plus fort que lui dans le club où il évolue est une motivation. Ibra est bon lorsqu’il a quelque chose à prouver. Cela ne vous étonnera sans doute pas de savoir que son coach préféré n’est autre que José Mourinho. Bien sûr, il apprécie ses frasques et son franc parler mais ce qu’Ibra met en avant, c’est ses petites attentions. Le coach de Chelsea n’hésite pas à envoyer des messages au réveil pour demander à un joueur comment il se sent, si il a bien dormi etc… « The Spécial One » a ses faveurs car il est aussi capable de le remettre en place, lui balançant des phrases comme : « Aujourd’hui tu as été nul ».

Ibrahimović peut apparaitre comme un personnage à l’égo surdimensionné. Pourtant, il n’hésite pas à se remettre en question. Comme tout homme, il a besoin de se sentir aimé et son enfance influe sur ce qu’il est aujourd’hui. Comment ne pas le brider tout en le canalisant ? C’est difficile mais je pense qu’il faut arriver à lui donner des responsabilités sans pour autant le mettre sur un piédestal. Je le conçois, c’est difficile.

Immature par certains traits et attachant par d’autres, j’ai découvert en Zlatan quelqu’un d’abordable et d’humain, peut-être trop même. Quoi qu’il en soit, il reste bien loin de l’image du mec hautain qu’il traine comme un boulet. Raleur, moqueur et parfois maladroit dans sa communication, Ibra a ressenti jeune, le besoin de provoquer et de s’affirmer. C’est comme si un jeu s’était installé entre la presse et lui. Il n’a plus besoin de parler, elle le fait pour lui et va jusqu’à interpréter ses moindres gestes.

 

Regrets

Sur le papier, je ne comprends pas comment l’association Ibra-Barça n’a pas pu fonctionner. Quand je regarde cette saison, les lacunes des Blaugranas, je me dis qu’un joueur de son profil aurait été d’un grand secours. Même si  Zlatan affirme avoir fait l’effort de s’adapter, j’ai senti que ces deux extrêmes, un Barça académique et un Ibra marginal n’avaient pas vraiment envie de faire de compromis. Ibra est passé par des grands clubs où il a remporté de nombreux titres. Pourtant il court toujours après la Ligue des Champions. Choix de carrière ou mauvais sort, les équipes qu’il a quitté ont toujours soulevées ce trophée avant sa venue ou après son départ.

image[1]Dommage que les années passent si vite car je pense qu’il avait les qualités pour devenir le meilleur attaquant au monde. Autre distinction absente de son palmarès, le Ballon d’or. Certes, beaucoup de grands joueurs ne l’on pas eu mais pour un attaquant, la tâche semble moins ardue que pour un défenseur; surtout lorsque l’on a évolué dans une des plus belles équipes de tous les temps.

Enfin, quitte à faire le globetrotter, j’aurais été curieux de le voir jouer en Angleterre où je pense que son profil aurait parfaitement convenu. Pour conclure une carrière pleine de réussite, Zlatan a 3-4 ans pour remporter la C1 qui lui manque. N’oublions pas non plus la Coupe du Monde au Brésil 2014 où la Suède peut avoir son mot à dire. Bon, je vais l’avouer, je succombe moi aussi à la Zlatan mania.

 

Palmarès

Champion des Pays-Bas  : 2002, 2004

Coupe des Pays-Bas : 2002

Supercoupe des Pays-Bas : 2002

Champion d’Italie : 2007, 2008, 2009, 2011

Supercoupe d’Italie : 2006, 2008, 2011

Champion d’Espagne : 2010

Supercoupe d’Espagne : 2009, 2010

Supercoupe de l’UEFA : 2009

Championnat de France : 2013

Tu as apprécié ? 😀 Retrouve mon article sur Zinédine Zidane  https://flavbories.wordpress.com/2013/06/01/focus-sur-zinedine-zidane/

5 réflexions sur “Focus sur : Zlatan Ibrahimović

  1. Pingback: Focus sur : Maxime Gonalons |

  2. C’est du bon boulot garçon !
    Gros travail de fond, continu comme ça, éclate toi ! , et nous par la même okaz !
    BRAVO !

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