Focus sur : Zinédine Zidane

L’Unique !

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Quand je serai Papi, au coin du feu, mes petits enfants sur les genoux, je leur conterai de belles histoires. Pas celle du petit Chaperon-Rouge, de Blanche-Neige ou de Peter Pan mais celle de Zinédine Zidane.

Je suis né au début des années 90 et j’ai donc eu la chance, le privilège, la joie de voir jouer le ou l’un des tous meilleurs joueurs de l’histoire. Il m’est très difficile de rédiger un article sur cette légende mais je vais tenter de vous retracer son parcours et son style de jeu. Zidane a une carrière accomplie avec comme principale consécration un Ballon d’or et une victoire en Coupe du monde. Aujourd’hui, que retient-t-on de lui ?

Quand je pense à Zidane, il me vient à l’esprit sa timidité, sa discrétion et son humilité. Quand je pense à Zidane, je pense a un leader technique, à un faux lent, à un homme qui a porté tant d’années le poids et le destin de l’Equipe de France. Zidane n’est pas rapide, pas très puissant mais il comble ce qui pourrait apparaître comme des lacunes par de la créativité, de la réactivité et de l’intelligence, bref, du talent. Zizou est le genre de joueurs qui rend ses coéquipiers meilleurs. Un individu capable de canaliser tous les regards pour permettre à quelques « timides » de s’exprimer. Zidane prend le leadership et l’assume. Certains capitaines sont des geulards, d’autres le sont par le jeu.
On aimerait s’introduire dans sa tête pour savoir à quoi il pense, pour comprendre comment cet homme vit son football et sa vie en générale. Zidane est un impulsif. Calme d’apparence, il est aussi capable du pire comme face à l’Arabie Saoudite ou l’Italie. Malgré cette image controversée, il fait l’unanimité dans le monde du football. Quels que soient les pays, quelles que soient les générations, Zidane fait partie des légendes au même titre que Maradona, Cruyff ou Pelé. Digne héritier de Michel Platini, notre numéro 10 compte 108 sélections. Connaître Zinédine Zidane, c’est de l’ordre de la culture générale.

Biographie

zz_jeune[1]Non, Zidane n’est pas né chauve bien qu’à la vingtaine son crâne commence se dégarnir. On ne peut pas dire non plus qu’il ne mouille pas le maillot puisqu’en 2 minutes, il est déjà dégoulinant de sueur. Zidane est né le 23 juin 1972 à Marseille et a grandi dans une cité nommée Castellane. A 15 ans, il rentre au centre de formation de l’AS Cannes. L’année suivante, il est intégré dans l’effectif professionel par Jean Fernandez.

Ses débuts en première division s’effectuent contre le FC Nantes des Deschamps ou autre Desailly. Remarqué par sa technique, Zidane est courtisé par plusieurs têtes d’affiche de D1. L’OM se manifeste mais l’entraîneur Raymond Goethals le juge trop lent. C’est à ce moment là que Rolland Courbis, tel un renard, flaire la bonne affaire.

Venu à Cannes pour y négocier les transferts de Daniel et de Guérit, Courbis fait signer Zidane pour 3 millions de francs, environs 460 000 euros. à l’été 1992 Yazid pose ses valises à Bordeaux.
En Gironde, il se lie d’amitier avec Christophe Dugarry et Bixente Lizarazu. Pour sa première saison, il inscrit 10 buts. On retient de son parcours Girondin, une finale en Coupe UEFA perdue face au Bayern de Jean Pierre Papin en 1996. On se remémore aussi son but de 35 mètres face au Betis Séville pour le compte des 8èmes de finale de cette même Coupe UEFA.

Parallèlement à ses exploits bordelais, il connaît sa première sélection à Bordeaux face à la République Tchèque. Alors que la France est menée deux à zero, Zidane rentre en jeu à la 63ème minute et inscrit deux buts en deux minutes. A l’issue de l’Euro 96 où les bleus s’inclinent en demi-finale face à la République Tchèque des Poborsky, Berger où autre Nedved, Zizou bien que rêvant de jouer en Espagne cède aux sirènes de la Juve. Encore bercé par les souvenirs de Michel Platini, La Vielle Dame espère trouver en Zidane un digne successeur.

Sa première année est merveilleuse. En fin de saison, la Juve affiche un Scudetto (L1 italienne), une Coupe Intercontinentale et une Supercoupe d’Europe. En ligue des Champions, les italiens se hissent jusqu’en finale mais ils sont battus par le Borussia Dortmund. La Dream Team composée des Del Piero, Inzaghi ou autre Deschamps récidive l’année suivante avec une Supercoupe d’Italie et un nouveau Scudetto. Pourtant, la Ligue des champions se refusent toujours puisque les bianconero s’inclinent, une deuxième fois consécutive en finale, cette fois-ci face au Real Madrid.

451520-11308580-640-360[1]1998 est l’année de tous les succès pour Zidane avec une coupe du monde et un ballon d’or. S’il a éclaboussé la finale de sa classe, on ne peut pas mettre de côté, son stupide carton rouge récolté face à l’Arabie Saoudite. Une bévue qui a faillit coûter très cher aux Bleus tant on les sait dépendants de leur meneur de jeu.

Après la Coupe du monde, Zidane doit encaisser sa notoriété et son retour sur Terre. La saison 1998/1999 de la Juve est chaotique. La vielle Dame limoge Marcelo Lippi ne termine qu’à une piètre 7ème place.

En 2000, Zizou est champion d’Europe avec l’équipe de France de Roger Lemaire. Il décroche également le titre de meilleur joueurs de l’euro. Le ballon d’or lui file entre les doigts au profit de Luis Figo. La raison ? Sans doute les deux cartons rouges récoltés par le français en Ligue des champions cette même année. Des expulsions qui ont ternis son image, c’est aussi ça Zidane. A Turin, son bilan est de 214 matchs disputés pour 31 buts.

En 2001, Zidane signe au Real Madrid pour 75 millions d’euros, ce qui fait de lui à l’époque, le joueur le plus cher de l’histoire. Dirigé par Florentino Pérez, le Real est en pleine mutation. Les merengues s’entêtent à batir une équipe de « Galactiques« . Les débuts de Zizou son difficiles. Dans une équipe de stars, le français ne trouve pas sa place. Repositionné sur le côté gauche du milieu de terrain, il finit par trouver ses marques et inscrit son premier but face au Bétis Seville.
2002 est l’année de la confirmation, du moins en club. Blessé lors d’un match d’exhibition à Séoul, Zidane assiste impuissant à la déroute des Bleus. Il tente un come-back désespéré face à l’Uruguay mais cela ne change rien, la France ne passe pas le premier tour.

Gol-Zinedine-Zidane-Bayern-Leverkusen-2002[1]Au Real, il remporte la Ligue des Champions, une première pour lui qui, auteur d’une magnifique reprise de volée, propulse les galactiques dans l’espace. Dans la foulée, il décroche une Supercoupe d’Europe ainsi qu’une Coupe Intercontinentale. L’année suivante, au terme d’une lutte mémorable face aux basques de la Real Sociedad, les merengues remportent la Liga (Ligue 1 espagnole).

Dans une interview, Zizou déclare : « Je me rappelle d’un match où quelque chose d’extraordinaire est arrivé, j’a reçu le ballon et avant même de le toucher, je savais exactement ce qui allait se passer, je savais que j’allai marquer ».

Les années qui suivent, ne se ressemblent pas, la Casa Blanca n’avance plus, se renforce en stars, mais perd en crédibilité. On se rapelle évidemment de son élimination en quart de finale de la Ligue des Champions 2003. En Championnat, le Real ne termine que 4ème. Le 25 avril 2006, Zizou annonce qu’il met un terme à sa carrière. Il aura disputé 231 matchs avec le Real pour 49 buts inscrits. Malgré cette retraite, ZZ souhaite participer à la Coupe du Monde 2006.

Quoi de plus beau que de finir par cette compétition. Les bleus, quasiment en auto-gestion, effectuent une belle campagne en se hissant jusqu’en finale et Zidane éclabousse la compétition de sa classe. En huitième de finale, il marque face à l’Espagne. Cette même Espagne qui le considérait mort et enterré. En Quart, l’ogre brésilien se dresse face à la France et ce jour-là, le brésilien était français et il s’apellait Zidane. Après avoir éliminé le Portugal en demi-finale, où il est l’unique buteur sur Penalty, l’Italie affronte la France en finale. Zidane ne pouvait pas finir sur une bonne note. Après une panenka sur penalty donnant l’avantage aux bleus, il est logiquement expulsé après un coup de tête sur Marco Materazzi. Provoqué et insulté, Yazid n’a encore une fois pu maîtriser ses nerfs. A froid, Zidane déclare : « Ce qui est dur c’est d’expliquer à vos enfants ce que vous avez fait. »

Tactique

Que répondre à votre Maman lorsqu’elle se plaint du jeu de l’Equipe de France et qu’elle regrette la retraite de Zidane ?

Il est difficile d’analyser son jeu tant sa spontanéité et sa créativité dépassent l’entendemment. Numéro dix, meneur de jeu, dans la plus pure tradition du football, Zidane base son jeu sur la technique, son intelligence et son placement. Zizou nous régale par des contrôles en porte-manteau, expression chère à J-M Larqué, ses passes, ses frappes et ses coups de pied arrêtés. Ses qualités constituent le guide du parfait meneur de jeu.

france[1]Ce qu’on demande à un numéro 10, c’est de distiller des caviars. A ce titre, Zidane est un maître en la matière. C’est un geste qui provoque la mise sur orbite de n’importe quel attaquant.

Dans le football, la domination stérile est vaine. Il faut être capable de faire le geste que l’adversaire ne peut anticiper. Lorsque Zidane fait une passe, il l’effectue avec une telle décrontraction, que cela en est trompeur. Elle requiert justesse et application.

Précis dans ses ouvertures, Zidane n’est pas moins talentueux dans les passes courtes. Si l’agilité ne paraît pas faire partie de son arsenal, il comble cette « lacune » par un jeu rapide. Il est ainsi facile pour un latéral qui souhaite monter, de le trouver comme point de fixation et espérer une remise en profondeur.

Peu de joueurs peuvent se targuer de posséder les deux pieds. J’ai eu l’occasion de voir Zizou, blessé du pied droit, utiliser son pied gauche pour tirer les coups de pieds arrêtés, incroyable !

Un numéro dix d’exception est capable de passer du costume passeur à celui de buteur. Que ce soit par un corner, un coup franc, ou une frappe, le meneur de jeu doit être un libérateur, un leader technique sur lequel l’équipe peut compter et se reposer lors des temps faibles. Lorsque son équipe est dominée, il doit être capable de redescendre chercher les ballons.
Ce qui fait la différence entre un bon et un grand numéro 10 c’est l’intelligence de jeu. Cette intelligence est nécessaire pour les passes, les déplacements et pour éviter de se faire découper. Quand on le voit, il ne dégage pas de souplesse, c’est du génie à l’état pure basé, sur la spontaneité et l’anticipation. Avant même de recevoir le ballon, il sait ce qu’il va en faire. C’est une faculté qui lui permet de gagner du temps et de combler son manque de vitesse.

Avant de parler de gestes techniques ou autre feinte, Zidane maîtrise les fondamentaux. Ses contrôles de balles sont de pures merveilles. Ils lui permettent, de se mettre dans le sens du jeu et d’enchaîner rapidemment. Dès sa prise de balle on sent quelque chose. Par elles, il calme et régule le jeu. Pourtant, Zidane est quelqu’un qui garde très peu le ballon. Son jeu léché est alimenté de petites déviations. Il fait partie de ces joueurs qui font courir le ballon. Toujours collé à ses pieds, il le conduit en alternant les inters et extérieurs du pied.

zidane_w4j[1]L’un des gestes techniques favoris de Zizou est la Roulette. Elle consiste à pivoter sur 360° tout en prolongeant la course du ballon. Défenseur, tu la vois venir mais tu ne peux rien faire pour la contrer. Le français est aussi friant des passements de jambes. Si Cristiano nous a habitué à des séries de 5, Zizou privilègie les séries de 3, pas nécessairement rapides.

Comme beaucoup de grands joueurs, notre numéro 10 est un artificier. Ses corners sont précis et appliqués. Quant à ses coups francs proches ou à mi-distance de la surface, il sont souvent décisifs. Sa frappe de balle sèche n’est pas aussi spectaculaire que celle d’un Beckham mais il donne à ses ballons un effet brossé qui leur permet de tromper le gardien.

Un entraîneur se doit de gérer ses joueurs au cas par cas, il doit tenir compte de son âge, de son caractère, de son poste et de ses capacités. Lors d’une causerie, je serai amusé d’entendre les paroles adressées à Zidane par son coach. Il est si talentueux, si expérimenté qu’il est difficile de savoir quoi lui dire. Entraîneur, je me contenterais d’un simple regard. Vous l’avez compris Zidane est un chef d’orchestre chargé d’organiser une symphonie. Sa tâche lui demande donc un maximum de lucidité. Qui dit lucdité dit forme physique et qui dit forme physique dit économie d’énergie. Dans une formation, Zidane s’accompane d’aboyeurs ou millieux défensifs afin qu’il ait le minimum de tâches défensives à effectuer.

Dans un 4/3/3, si votre milieu de terrain (la deuxième ligne de 3) est composé de Zidane, il me paraît indispensable de l’accompagner d’un numéro 6 et d’un numéro 8 capable de récupérer les ballons. Offensivement, il est un joueur si précieux que lorsque l’on bâtit une équipe; il doit en être l’élément central. Dans la fore de l’âge, je l’aurais fait évoluer dans un 4/4/2 où il occuperait le poste de milieu gauche, lui permettant de repiquer dans l’axe et de permettre à son latéral de dédoubler. En ce qui concerne les atttaquants à lui associer, il serait avisé de posséder un joueur capable de prendre la profondeur pour qu’il lui distille quelques ballons dans la course. Si vous décidez de le faire évoluer dans l’axe, c’est à dire dans un 4/2/3/1 ou 4/3/3, il serait judicieux d’aligner un attaquant au physique imposant, capable de jouer dos au jeu. Cet avant-centre aurait pour mission d’effectuer un travail de remise où Zidane pourraît être à la retombée et ainsi lancer à la profondeur les ailiers ou frapper au but.

1-juventus-zinedine-zidane-in-action-against-milan-defender-costacurta_110[1]Pour contrer les artistes, il n’y a pas beaucoup d’options. Soit on les casse par un tacle rugueux voire assassin, soit on est un peu plus subtil, plus malin, plus vicieux et on décide de le faire déjouer. Je ne porte pas spécialement Marco Materazzi dans mon coeur, mais son attitude sur le terrain n’est que le fruit de consignes d’entraîneurs. Zidane le dit lui-même : « J’ai été souvent insulté sur le terrain ». Le sachant sanguin, on le taquine, on le cherche, on le provoque. Certains entraîneurs n’hésitent pas à placer face à lui un joueur qui va chercher à le faire sortir de son match. Ce n’est pas très éthique mais cela s’avère efficace.

Regrets

Si la carrière de Zidane est enviée de tous, on peut y voir quelques regrets. Le rêve de tout marseillais est de jouer pour l’OM et Zidane ne déroge pas à la règle. Par des concours de circonstances, il n’a jamais pu évoluer sous les couleurs olympiennes. Même en fin de carrière, même grand-père, même mourrant, le peuple marseillais a espéré sa venue de tout son coeur et j’avoue qu’il m’aurait été plaisant de le voir revêtir la tunique ciel et blanche.

zinedine-zidane-passe-pres-d-un-deuxieme-mondial-que-remportera-l-italie-aux-tirs-aux-buts_62104_w460[1]Il y a une seconde chose que je regrette, cette fois-ci plus existantielle. Zidane n’est pas un saint, il n’est Dieu, mais par ce qu’il représente il est plus qu’un homme.

Je ne suis pas du genre à faire endosser aux sportifs des rôles qui ne sont pas les leurs. Je ne suis pas du genre à leur mettre sur le dos toutes les dérives de notre société, mais j’estime que Zidane ne boxe pas dans la même catégorie que les autres. Qu’une telle icone soit ainsi sortie par une si petite porte me laisse un goût amer, mais bon, je m’y fait. Cela fait partie du personnage, cela le rend humain et c’est peut-être mieux ainsi. Arrêtons de vouloir lui trouver des successeurs, un Zidane il n’y en a qu’un.

Zidane entraîneur ?

Les bons joueurs ne font pas forcément les bons entraîneurs, on le constate avec Maradonna. Ces artistes ont parfois du mal à intégrer le fait qu’un joueur « lambda » ne puisse réaliser ce qu’eux estiment instinctif. Je reste également sceptique car un entraîneur doit être capable de gueuler, Zizou en est-t-il capable ? Dans le cas contraire, son aura se suffit-t-elle à elle-même ?
Je souhaite garder l’image de Zizou joueur car cela me ferait mal au coeur de le voir un jour limogé et jeté un Kleenex.

Palmarès

Coupe Intertoto : 1995, 1999
Coupe Intercontinentale : 1996, 2002
Supercoupe de l’UEFA : 1996, 2002
Championnat d’Italie : 1997, 1998
Championnat d’Espagne : 2003
Supercoupe d’Italie : 1997
Supercoupe d’Espagne : 2004
Ligue des Champions : 2002
Coupe du Monde : 1998
Championnat d’Europe des nations : 2000
Ballon d’Or : 1998

 

Tu as apprécié ? 😀 Retrouve mon article sur David Beckham : https://flavbories.wordpress.com/2013/04/28/focus-sur-david-beckham/

2 réflexions sur “Focus sur : Zinédine Zidane

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