Focus sur : David Beckham

Beck & Ongles

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Introduction

m-BECKHAM-620x413c[1]David Beckham, 37 ans, fait partie des footballeurs qui dépassent le cadre de simples sportifs pour entrer dans celui des stars mondiales. C’est un choix louable puisqu’ à l’inverse d’un Zinédine Zidane, Beckham n’a jamais été la référence à son poste. Le Spice Boy a su maximiser son métier puisqu’il gère sa carrière comme une entreprise. Beckham, c’est un style, une marque, des films, des oeuvres caritatives, lucratives, une femme… Demandez à votre grand-mère, je suis sûr qu’elle a une photo de lui cachée sous son oreiller.

Qui n’a jamais rêvé de tirer des coups francs comme lui ? Bien que l’on puisse se remémorer ses quelques mauvais gestes (ex : Diego Simeone, coupe du monde 98) Beckham est un homme que j’apprécie par sa classe, sa gentillesse, sa politesse, c’est le gendre idéal quoi. Très bon joueur de football, Beckham est avant tout un modèle en matière d’hygiène de vie. A 37ans, l’anglais achève sa 21ème année chez les professionnels. En 2007, lorsque il décide d’immigrer aux USA, j’estime qu’il tire un trait sur le football de haut niveau. Malgré les trophées glanés, il a troqué son équipement de footballeur contre un costume de people. N’ayez crainte, ici, nous allons nous intéresser au joueur.

L’anglais possède un profil atypique mais incompatible avec l’actuelle émergence du 4/2/3/1/. En effet, Beckham est l’essence du milieu droit. Malgré une qualité de centre remarquable, il est loin d’être une référence du poste. Handicapé par sa lenteur il s’est pourtant imposé aux yeux de ses entraîneurs, par son adresse sur coup de pied arrêté. Dans le football moderne, ces phases de jeu sont de plus en plus importantes. Savoir tirer des coups francs ou des corners, c’est un métier à part entière.

Biographie

beckham-cantona_1343011c[1]Alors qu’il grandit à proximité de White Hart Lane, l’antre des Spurs, Beckham est un fervent supporter de Manchester United où il signe un premier contrat à l’âge de 14 ans. En 1995, M-U adopte une politique de rajeunissement de son effectif : bonne nouvelle, pour le jeune Beckham ! Il parvient à s’imposer dans cette équipe et mène avec Eric Cantona, les mancuniens jusqu’au titre en FA Cup. Cette année est aussi celle du sacre en Premiere ligue.

Pour un rosbeef, le championnat anglais est plus prestigieux que la Ligue des champions, ce qui vous donne la pleine mesure de ce succès.

Les débuts de Beckham à Man U sont marqués par quelques images : des coups francs, un joli lob du milieu de terrain face à Preston… La consécration survient lors de la Saison 1999/2000 dont vous vous souvenez sûrement. Les Red Devils s’imposent en finale de la Ligue des champions face au Bayern Munich. Fort de ce succès et de sa renommée, Beckham signe en 2002 un nouveau bail avec son club, qui fait de lui le joueur le mieux payé de la planète.

david-beckham-real-madrid-10607730uovkz_1879[1]En 2003, le Spice boy quitte Manchester. Il a passé onze ans et son bilan honorable s’élève à 400 matchs pour 85 buts. A l’époque, le seul club capable de recruter Beckham était le Real Madrid. Les merengues dépensent la modique somme de 35 millions d’euros, ce qui fait de lui le troisième anglais portant ces couleurs après Laurie Cunningham et Steve Mcmanaman.

Son bilan espagnol est mitigé. Pour être complaisant on peut parler d’un changement de culture, d’environnement, de langue et de style de jeu. Il est vrai qu’avec du recul, je ne vois pas les qualités de Beckham compatibles avec les spécificités du championnat espagnol. Malgré la ferveur des supporters à l’arrivée d’un nouveau Galactique, son passage ne marquera pas l’histoire du club. Englué dans des affaires extrasportives, la presse parle plus de ses potentielles maîtresses que de ses prestations sur le terrain.

Sa première saison est décevante puisque le club ne termine que 4ème de la Liga. Les madrilènes sont aussi éliminés de la C1 en quart de finale au profit de l’AS Monaco.
Sa deuxième saison est somme toute aussi moyenne que la première.
Pour son troisième exercice, il est élu meilleur joueur du club. Néanmoins, les madrilènes doivent se contenter d’une deuxième place en championnat, à 12 longueurs de l’intouchable Barça. En ligue des champions c’est encore une élimination prématurée, cette fois en 8ème au profit d’Arsenal.

Pour sa 4ème et dernière saison madrilène, « Beck » est victime de la concurrence de Jose Antonio Reyes et de Robinho. Une compétition qui le relègue sur le banc. Cette saison fait office de long chemin de croix pour l’anglais. En conflit ouvert avec Fabio Capello, il finit grâce au soutien de ses coéquipiers et des médias par retrouver le terrain. Pour le coup, on peut dire que Beckham fait preuve de caractère puisqu’il se révèle comme un des principaux artisans du titre du Real en Liga.

A la fin de la saison, le Spice Boy signe un contrat de 100 millions de livres sur cinq ans avec le club américain des Los Angeles Galaxy. On note qu’il est prêté deux années consécutives (pendant la trève hivernale) au Milan AC. Par choix, je vais arrêter la biographie ici. Concernant son arrivé au PSG, je me pencherai uniquement sur l’aspect tactique.

Tactique

papi beckhamQuand on pense Beckham, on pense à des coups de pieds arrêtés. De nature réservée, l’anglais est un joueur facile à gérer. Connaissant ses qualités, ses défauts et ses limites, il n’en fait jamais trop.

Le Beckham de Manchester est un milieu droit classique. Ses qualités sont : ses passes, ses centres, ses coups de pieds arrêtés et la capacité de faire dédoubler son latéral.

Pas spécialement rapide, sa position excentrée lui procure une vision oblique. Ainsi, il sème un doute constant dans la tête de ses adversaires. Comme dit précédement, le poste de milieu droit se perd avec l’emmergence des schémas en 4-3-3 ou en 4-2-3-1. En outre, les entraineurs privilégient des ailiers ou des numéros 10 pour occuper les postes excentrés. Pourtant, le milieu droit n’a pas totalement disparu. Je prends l’exemple de l’équatorien Luis Antonio Valencia. Rapide et bon centreur, c’est un joueur qui mange « la ligne de touche » et il est également capable d’évoluer au poste d’arrière droit si besoin est.

Le Beckham du Real

David_Beckham_real__186621a[1]J’entends souvent dire : « Beckham a joué dans l’axe au Real », »Il a été meilleur passeur »…

Et bien certes mais je leur répondrai que ce poste lui a été attribué par défaut. Un choix provoqué par la présence de Luis Figo sur l’aile droite. Cela a amené son entraineur à le placer à un poste de milieu relayeur qu’il ne connaissait pas.

A cette époque, il est indéniable que les madrilènes possédaient une équipe plus que talentueuse. Pourtant, tout bon spécialiste pointerait du doigt son déséquilibre. Enfin, je dénonce surtout un repositionnement qui ne lui permet pas d’abuser de sa qualité de centre. Une position qui je le rapelle avait également un impact psychologique important sur ses adversaires.Donc, je considère le Beckham de Madrid moins bon et moins influent dans le jeu de son équipe que celui de Manchester.

Le Beckham de Paris

Tout d’abord, je tiens à rectifier certaines vérités. Lorsqu’Ancelotti aligne Beckham, ce n’est pas un choix dicté par sa présidence, c’est une option tactique. A son arrivée, on a demandé à l’ancien entraineur du Milan quel joueur il désirerait le plus recruter. Il nous a répondu Pirlo. Le technitien italien nous l’a vite fait comprendre, d’un point de vue sportif, la venue de l’anglais fait office de substitut.

a05be[1]Qu’apporte Beckham au PSG ? A mon avis, strictement rien. Bon j’exagère un poil.

L’anglais reste un danger permanent sur les corners, les coups francs et c’est un exemple pour tous ses coéquipiers. Pourtant si on pèse le pour et le contre, je ne suis pas sûr que le jeu parisien gagne en qualité.

Sur la comparaison Pirlo/Beckham ? Le dernier n’est ni un 6 ni un 10. A la rigueur, si on souhaite faire de Beckham le meneur de jeu qu’il n’a jamais été, autant le mettre à l’aise et concocter un 3 / 5 / 2 avec pour sentinelle deux numéros 8. Ce schéma lui permettrait de trouver ses latéraux par des balles au sol et non plus systématiquement des transversales qui ralentissent le jeu.

C’est simple, avec le Beckham de Paris, vous ne pouvez pas faire de une deux, le trouver dans les petits espaces, tellement son agilité et sa réactivité sont faibles. Dans la formule parisienne, jouer avec Beckham signifie prendre des risques. En plus de ne pas valoir un clou défensivement, placé très bas, l’anglais ne monte pas sous peine de ne pas pouvoir redescendre en cas de contre-attaques adverses. Un joueur qui défend mal est un joueur susceptible de gestes maladroits et dangereux pour son équipe. Tous ces points tactiques marquent la différence avec le jeune Marco Verratti.

Des regrets

Beckham aurait-il pu faire mieux ? C’est difficile à dire. Comme beaucoup, J’ai fantasmé sur un improbable retour à Manchester, ne serait-ce que pour le voir porter son numéro 7 fétiche.

Vous l’aurez compris, je regrette son départ pour les USA. Cet exode m’est perçu comme une pré-retraite. Je ne compare pas la MLS du début des années 2000 à celle d’aujourd’hui. Je pense qu’il aurait pu faire encore 2/3 ans en Europe avant de partir.

CryCapitaine de l’équipe d’Angleterre, Beckham compte 115 séléctions pour zéro titre à la clé. Alors qu’il est issu de la génération dorée des Scholes, Owen, Seaman, Gerrard, Lampard, Terry, Rio Ferdinand et j’en oublie beaucoup, cette génération n’a fait qu’enchaîner les contre-performances. Leader désigné de cette équipe, j’aurais aimé voir Beckham prendre le rôle de chef de meute et faire preuve ainsi de beaucoup plus de caractère. Au final, Beckham reste le deuxième joueur le plus capé derrière Peter Shilton 125 sélections.

Enfin, je regrette sa non participation aux JO de Londres avec l’équipe de Grande-Bretagne. Beckham fait partie des très bons joueurs qui ont marqué l’histoire pourtant je ne le considère pas comme une légende du football.

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Palmarès

Champion d’Angleterre : 1996, 1997, 1999, 2000, 2001, 2003
Coupe d’Angleterre : 1996, 1999
Charity Shield : 1996, 1997
Ligue des champions : 1999
Coupe intercontinentale : 1999
Supercoupe d’Espagne : 2004
Champion d’Espagne : 2007
MLS Supporters’Shield : 2010, 2011
MLS Cup : 2011, 2012

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Tu as apprécié ? 😀 Retrouve mon article sur Kevin Prince Boateng : https://flavbories.wordpress.com/2013/04/15/focus-sur-kevin-prince-boateng/

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