Equipe de France : Analyse

Après l’Espagne, le Bilan : première partie

benzou

Les limites françaises

Depuis la défaite 1/0 de l’équipe de France face à l’Espagne, j’entends raler, j’entends palabrer. J’entends des quolibets qui pointent le mauvais match de Jallet,  la transparence de Benzema, le chemin de croix d’Evra, l’inexpérience de Pogba… Je ne vais pas m’opposer à ces discours ni même tergiverser. Mon opinion est que l’équipe de France est à sa place. Comme dirait Coach Courbis, « j’ai vu le match que je m’attendais à voir ».

limiteTouché dans leur fierté, les espagnols sans être époustouflants, sont repartis avec ce qu’ils étaient venus chercher : la victoire.

Par leur pressing constant, ils nous ont littéralement étouffés. Tel un toréador, la « Roja », a fait courir le coq jusqu’à l’épuiser.

Si le hold up était un temps envisageable, les hommes de Didier Deschamps ont manqué de réalisme et ne sont pas arrivés pas à convertir en buts le peu d’occasions dont ils ont bénéficié. Bien sûr, je repense aux tentatives de Ribery et de Matuidi. Le parisien pourtant bien placé à l’entrée de la surface , a frappé bien trop molement pour inquiéter Victor Valdés. Cependant, avec aussi peu d’actions dangereuses, peut-on vraiment accuser les bleus de manque de réalisme?

Seuls les meilleurs avant-centres mondiaux tels que Cavani, Falcao, Ibrahimovic voire Lewandowski par exemple, peuvent afficher un ratio but/occasion significatifs. J’omet volontairement Lionel Messi et Cristiano Ronaldo qui sont actuellement hors catégorie. Mon constat n’a pas pour but de blâmer Karim Benzema, que je considère comme un neuf et demie et non pas comme une véritable pointe. Par son profil, l’ancien lyonnais me fait penser à Nicolas Anelka qui aime également décrocher. Bref, sans chercher plus loin, nous sommes tout simplement tombés sur plus fort que nous.

Pas à rougir d’être deuxième

126698-une-espagne-champions-jpg_38160[1]Ce match, nous aurions pu le perdre deux, trois – zéro. Au final, nous nous inclinons par la plus petite des marges face à l’équipe championne d‘Europe et championne du monde en titre.

Même si le football n’est pas une science exacte, il suffit de comparer les joueurs qui composent les deux formations pour constater un écart de niveau.

Qui à part Ribery voire peut-être Lloris – et encore il y a débat –  pourrait prétendre à une place dans le onze type espagnol ? Evidemment, je conçois que la méforme de certains cadres, la blessure de Casillas, combinée à l’emmergence côté français de jeunes pépites comme Pogba ou Varane, ait pu faire tourner la tête de l’exigent public français. Eh bien, réveillez-vous ! Qui en Europe ou dans le Monde peut-être donné favori face à l’Espagne ? N’ayons donc pas honte de notre deuxième place.

Je ne suis pas là pour être défaitiste, je tente juste de rester lucide. Lucide ne veut pas dire manquer d’ambition. Cette Dream Team, la France l’a accroché 1/1 à Vicente-Calderon. De plus, la Roja suffisante face à la Finlande, n’est peut-être pas à l’abri d’une nouvelle contre-performance. Il est donc de notre devoir de maintenir la pression jusqu’au bout. Pour cela, il faut gagner nos trois derniers matchs face à la Géorgie, la Biélorussie et la Finlande. Ces adversaires sont certes, largement à notre portée mais il faudra être capable de « construire » notre victoire. Autre point important, Deschamps va devoir composer avec l’absence de trois de nos milieux de terrain : Cabaye, Matuidi et Pogba, tous suspendus pour le prochain match. Si toutefois, nous devions passer par les barrages (une confrontation aller-retour), il faudra alors sortir le bleu de chauffe.

Le manque de tauliers

ionneur-de-l-equipe-de-france-didier-deschamps-en-conference-de-presse-au-centre-d-entrainement-de-clairefontaine-en-region-parisienne-le-3-septembre-2012[1]L’Equipe de France a le mérite de dégager une certaine homogènéité au sein de son effectif. Pourtant, il manque un leader technique et un véritable aboyeur. C’est-à-dire, des joueurs sur qui se reposer et sur qui compter.

Des tauliers, qui par leur talent et leur charisme, sont capables de galvaniser leurs partenaires par l’intermédiaire d’un coup de pied arrêté, d’un exploit individuel, d’un tacle rageur, d’un coup de gueule…

Bref, quelqu’un capable de donner pleine confiance à cette équipe. Si Didier Deschamps, ancien capitaine des bleus est un meneur d’hommes dans l’âme, il manque de relais sur le terrain.

Suite à ses dernières bonnes performances, Mathieu Valbuena a été vite considéré par « l’opinion public  » comme le meilleur joueur français en activité. Il est vrai que nous n’avons plus l’habitude de voir un joueur régulièrement décisif sous le maillot bleu. Pourtant, à l’échelle internationale, le marseillais apparaît comme un bon footballeur et non comme un Grand joueur. Un constat qui dans le fond, n’est que représentatif des limites de notre équipe. Sur ce point, je rejoins l’avis du journaliste d’RMC Daniel Riolo : »Que Valbuena soit le meilleur, c’est un fait, une réalité, à mon sens, négative“

evraOn accuse les « anciens » tels que Ribery ou Evra de n’assumer ni leur statut et ni leurs reponsabilités. Mon avis est qu’ils n’en sont tout simplement pas capables. N’est pas leader qui veut. On le contaste aussi bien en politique que dans la vie de tous les jours. On peut être un bon joueur et rester un éternel suiveur. J’en revient donc à l’importance, voire à la nécessité d’un leader technique dans son équipe.

En posséder est essentiel prétendre à de réelles ambitions dans le jeu. Il est donc une nouvelle fois question de l’éternel numéro dix ou meneur de jeu. C’est un rôle incontournable qu’il soit dans l’axe ou exentré. J’irai même plus loin en affirmant que dans un 4/2/3/1, il vaut mieux en tant que chef d’orchestre, un numéro 10 de formation moyen/bon plutot qu’un numéro 8 bon. Yohan Cabaye qui a dernièrement évolué dans ce registre me semble malgré ses bonnes prestations, beaucoup plus à l’aise dans le rôle de milieu relayeur offensif.

Quoi qu’on en dise, une équipe moyenne avec un leader peut se transformer en bonne équipe mais une bonne équipe sans leader se révèle une équipe moyenne.

Une réflexion sur “Equipe de France : Analyse

  1. Je ne peux que souscrire à votre analyse sur l’absence d’un leader. Le problème est que les leaders naturels de cette équipe -c’est à dire ceux qui ont l’expérience internationale, le niveau de jeu et le charisme- sont tous plombés à différents niveaux:
    – Lloris manque clairement d’autorité, et je crains que ça ne s’améliore jamais
    – Evra s’est définitivement grillé en Afrique du Sud, et son niveau n’est plus ce qu’il était, surtout dans le cadre d’une défense jeune
    – Ribéry n’a pas le charisme, semble-t-il, et il préfère désormais (on le comprend) faire profil bas
    – Benzéma n’est pas tout à fait au niveau requis, et de toutes façons n’est pas du genre à entrainer le vestiaire derrière lui
    Quelle solution donc? Et bien, construire probablement, sur les quelques joueurs prometteurs capables d’atteindre l’envergure requise : Matuidi sans doute, et Cabaye peut-être… A moins que l’un des quatre joueurs sus-cités ne se révèle? Dans tous les cas, le mondial de 2014 sera le moment où faire émerger ces leaders, comme l’avait été l’euro 1996 à l’époque. C’est sans doute le pari de Deschamps, qui vise certainement l’Euro 2016.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s