Match de légende : Olympique de Marseille Vs Milan AC

Aux Armes !

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Nous sommes le 26 mai 1993. L’ambiance est survoltée dans les travées du Stade Olympique de Munich. Les marseillais viennent y défier le Grand Milan AC, déjà sacré champion d’Italie. Les phocéens ne partent donc pas favoris. Pourtant, la France entière est derrière l’OM pour espérer l’exploit et ainsi, reprendre le flambeau stéphanois. Depuis la création de la Coupe d’Europe des Clubs Champions en 1955, aucun club français ne l’a remporté.

Le match

tumblr_lzesx2HhTQ1qfxktpo1_1280[1]En ce début de match on n’hésite pas à mettre le pied. La bataille fait rage et se traduit notamment par des duels opposant Marcel Desailly à Marco Van Basten et Didier Deschamps au jeune Demetrio Albertini.

La première occasion dangereuse est milanaise. Dès la 4ème minute, Rijkaard place un coup de tête, mais son ballon passe juste à côté du but de Barthez. A la 6ème minute, suite à un centre de Van Basten, Daniele Massaro reprend le cuir mais rate également le cadre.

Les marseillais ne tardent pas à réagir par l’intermédiaire de Völler. L’allemand s’extirpe du marquage de Baresi, se présente seul face au gardien mais sa frappe est contrée de justesse. Dans la foulée, Boksic tente de suivre l’action mais Maldini est là pour sauver son camp. C’est pour l’instant la plus grosse occasion de la rencontre. Vue l’organisation de la défense milanaise, les ballons en profondeur peuvent être une arme redoutable à exploiter pour l’OM. Côté Rossoneri, Massaro est à surveiller. Par ses appels en profondeur, l’italien est très dangereux.

Grosse occasion pour l’OM à la 10ème minute. Boksic tente le lobe sur Sébastiano Rossi mais son ballon passe juste à côté de la cage. Réaction sans plus tarder des italiens qui à la 12ème minute, par l’intermédiaire Maldini sur corner, sont tous près de tromper Barthez. Le match est parti sur un rythme endiablé. On a deux grandes équipes qui se rendent coup sur coup.

Si je trouve Basile Boli excellent à la récupération, la défense marseillaise me paraît fébrile. Les transalpins n’hésitent d’ailleurs pas à passer par les côtés. Les phocéens se focalisent sans doute trop sur Van Basten, ce qui permet à ses coéquipiers de se démarquer.

barthez-munich-93[1]-17ème minute, grosse passivité dans la défense marseillaise. Massaro se retrouve seul à l’entrée de la surface mais il tergiverse trop. Van Basten récupère le ballon, frappe mais le jeune Barthez sauve son camps.

Dans la foulée, le batave tire de nouveau mais le portier phocéen est encore à la parade. Les milanais prennent peu à peu le contrôle des opérations.

Massaro affiche une belle complémentarité avec Van Basten. Le premier tient un rôle d’attaquant de soutien tandis que le second est plus un véritable 9. Vous pouvez ajouter à cela la belle prestation du jeune Paolo Maldini. Ses relances sont propres et ses montées tranchantes. Pourtant, les olympiens ne lâchent rien. C’est d’ailleurs cette « grinta » qui nous permet de croire à l’exploit.

A la demi-heure de jeu, les marseillais jouent plus haut, ce qui gène considérablement la relance milanaise. Les deux équipes jouent pour l’instant très bien le hors jeu. Une tactique efficace mais dangereuse lorsque l’on est confronté à des attaquants rapides. Et pour preuve, à la 30ème minute, suite à une mauvaise appréciation de la défense marseillaise, Massaro se faufile mais Boli est là pour repousser le danger.

Cette fin de première mi-temps est en faveur des italiens. Côté marseillais les attaques manquent de cohésion malgré la bonne prestation d’Abedi Pelé, très remuant. En revanche, si la défense phocéenne paraissait fébrile en début de rencontre, elle semble peu à peu trouver ses marques au point d’annihiler quasiment toutes les actions milanaises. Pour l’instant, ce match se joue sur des petits détails. Un contrôle manqué, un hors jeu de quelques millimètres, une passe ratée…

Basile-Boli[1]

A la 42ème minute, le virevoltant Pelé obtient un coup de pied de coin. Sur le corner, le Ghanéen trouve Basile Boli qui place une belle tête décroisée dans les filets de Rossi !

Marseille 1 – Milan 0. Cette ouverture du score, certes contre le cours du jeu, vient sanctionner le manque de réalisme milanais. C’est la mi-temps et la France vibre !

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Les Rossoneris débutent la deuxième période pied au plancher mais Barthez dans son style si particulier rassure bien sa défense. Les marseillais font preuve d’un courage et d’une solidarité admirable à l’image de la paire Sauzée-Edely qui sur son flanc droit défend becs et ongles devant les assauts répétés de Lentini. Offensivement, je le répète Abedi Pelé est énorme. Par ses appuis et ses longues chevauchées, il provoque beaucoup de fautes et permet donc à l’OM de respirer. – 54ème minute, Jean Pierre Papin rentre à la place d’un Roberto Donadoni fantomatique. JPP va donc venir épauler Van Basten à la pointe de l’attaque italienne.

Très intelligemment, les marseillais ressortent les ballons proprement et essaient de ne pas se maintenir trop bas. Pour le moment, les italiens manquent de lucidité. Malgré tout, ils obtiennent des corners qui demeurent des occasions dangereuses quand on connaît la qualité dans le jeu aérien. A la 60ème minute, Barthez sauve sa ligne sur une nouvelle tête de Frank Rijkaard.

La tension monte, Raymond Goethals est quasiment sur le terrain. – 62ème minute, Changement pour l’OM : rentrée de Jean Philippe Durand à la place de Jocelyn Angloma, blessé. Le rythme du match baisse en intensité. Les milanais déjouent, s’énervent et ne construisent pas. Les marseillais tiennent le bon bout !

tout-le-contraire-de-rudi-voller-qui-marquera-28-buts-en-deux-saisons-et-remportera-la-ligue-des-champions-en-1993_55850_w460[1]Il est indéniable que si les olympiens remportaient cette finale, cette victoire serait avant tout celle d’un collectif. L’attaquant allemand Rudy Völler en est le symbole, il défend sans relâche devant Tassotti.

Tactiquement, les olympiens battent sans conteste les milanais en maîtrisant parfaitement le hors jeu. Côté rossoneri, il manque un organisateur.

On s’en remet trop fréquemment à de longs ballons qui sont un régal pour la défense marseillaise. Pourtant, Milan pousse toujours. Suite à un centre de Tassotti, Papin s’illuste d’une belle volée mais sa tentative passe juste à côté du but.

A la 85ème minute, sur un bon service de Van Basten, Massaro reprend de la tête mais il loupe une nouvelle fois le cadre. L’OM a laissé passer l’orage. Bernard Tapie consulte sa montre, tandis que de son côté, Silvio Berlusconi est catastrophé. C’est le coup de sifflet final, l’arbitre délivre les français, la coupe d’Europe est pour Marseille ! C’est un moment historique ! C’est la victoire d’une équipe, d’une ville, d’un pays ! Dans ce match, les milanais ont totalement déjoué. On a eu l’impression de voir une équipe inexpérimentée.

Composition des équipes

OM : Barthez – Desailly, Angloma, Boli – Di Meco, Deschamps, Sauzée, Eydelie – Boksic, Voller, Pele,

Entraineur : Raymond Goethals

Milan : Rossi – Tassotti, Costacurta, Baresi, Maldini – Lentini, Albertini, Rijkaard, Donadoni – Van Basten, Massaro

Entraineur : Fabio Capello

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